Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

Un film de Rolando Colla (Italie-Suisse)

"Jeux d’été" Sortie en salles le 8 février 2012

Vincenzo et Adriana sont venus passer leurs vacances d’été, avec leurs deux garçons, dans un camping de Maremme en Toscane.

Ce séjour au bord de la mer devrait permettre au jeune couple qui traverse une zone de turbulence conjugale, de se retrouver et de ressouder les liens.

Nic leur fils ainé, une douzaine d’années, a hérité de son père Vincenzo des poussées de violence incontrôlables. Malgré son comportement imprévisible, il a réussi, avec son cadet, à s’intégrer à un groupe d’enfants auquel appartient Marie vers qui il est attiré sans pouvoir, pour autant, exprimer ses sentiments. Une douloureuse frustration qui amplifie ses réactions de violence…

Au premier plan du film de Rolando Colla, un camping situé entre la plage et des marécages, les activités estivales de quelques personnages de vacanciers ordinaires, desquels se détachent ceux qui vont intéresser le récit. Le couple en difficulté, la mère de Marie venue de Suisse et à qui une situation financière plus aisée a permis de louer un bungalow, et l’archéologue, vacancier solitaire, attentif à son entourage et aux agissements violents de Vincenzo…

Parmi les enfants, il y a la prometteuse Marie déjà rouée en matière de séduction, Patty la petite sœur qui n’a pas froid aux yeux, Nic déjà ténébreux, son petit frère docile, et Lee, le fils du commerçant chinois du camping.

Malgré les différences d’âge et les degrés de maturité contrastés, le groupe fonctionne bien et se partage entre bains de mer, ballades et projets multiples.

Dans son film, Rolando Colla s’attache autant aux personnages des adultes qu’à ceux des enfants et le regard qu’il porte sur les uns et les autres, est acéré au point qu’il révèle chez chacun ce qu’il y a d’enfoui chez les adultes et d’inconscient chez les enfants.

Le film se bâtit avec les souffrances, les résignations, les arrangements des uns et des autres et révèle la parenté qui peut exister entre les adultes et les enfants. Chez les uns une véritable cruauté, les ravages de l’amour enfoui chez les autres. Les sentiments positifs sont à portée de main mais malgré cela, inaccessibles.

C’est en mêlant les deux univers dans le contexte des vacances au bord de la mer qui devraient être synonyme de plaisir et de liberté, mais que d’étranges forces contrarient, que Rolando Colla renouvelle le sujet éprouvé de son film.

La nature profonde de chacun finit par se révéler, tout comme les secrets enfouis ; le voyage en canot du groupe des enfants jusqu’au cimetière où repose le père de Marie, est un moment d’émotion réparateur. Avec leur candeur, leur sens de la solidarité et de l’amitié, les enfants supplantent largement les adultes ligotés par les à- priori et prisonniers de leurs enfermements.

Rolando Colla ne filme jamais une Italie et une Toscane de carte postale. Il nous offre des paysages magnifiques hors des sentiers battus et un récit attachant où il faut se laisser porter…

Francis Dubois

 

 

Autres articles de la rubrique Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

  • « Lola vers la mer »
    Lorsque Lola, jeune fille transgenre de dix huit ans est sur le point de se faire opérer, que la phase finale de sa transformation est imminente, sa mère qui l’avait toujours soutenue dans sa... Lire la suite (7 décembre)
  • « Les envoûtés »
    La directrice du magazine où Coline n’a jusque là écrit que sur des romans récemment parus lui propose de se charger de la rubrique « Le récit du mois ». Pour cela, elle doit rejoindre dans la maison au... Lire la suite (7 décembre)
  • « Un été à Changsha »
    Dans l’été caniculaire de Changsha, ville située au cœur de la Chine, l’inspecteur Bin enquête sur une drôle d’histoire, la disparition d’un jeune homme dont on a retrouvé le bras sur les bords de la... Lire la suite (3 décembre)
  • « Seules les bêtes »
    Un femme disparaît mystérieusement. Sa voiture est retrouvée abandonnée au bord de la route de montagnes qui conduit à quelques fermes isolées du Causse. Alors que la gendarmerie tente de retrouver... Lire la suite (2 décembre)
  • « It must be heaven »
    Elia Suleiman fuit la Palestine à la recherche d’une nouvelle terre d’accueil avant de réaliser que son pays d’origine le suit comme une ombre. La France d’abord, lui offre le spectacle d’un Paris... Lire la suite (2 décembre)