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Un film de David Gordon Green (USA)

"Joe" Sortie en salles le 30 avril 2014.

Après avoir été condamné à une peine de prison, Joe Ransom tente de mener une vie sans histoire. Dans la journée, il dirige, pour une société, une équipe d’abattage d’arbres. Le soir, il fréquente des bars où il s’étourdit dans la boisson.

Un jour, son chemin croise celui de Gary, un adolescent de 15ans peu chanceux mais battant, qui cherche à tout prix un travail pour faire vivre un père inactif, une mère malade et une sœur qui a perdu l’usage de la parole.

Joe, l’homme seul, l’ex-taulard, va embaucher Gary et au fil du temps s’attacher à lui comme à un fils.

Pas plus que la trame du récit, les personnages ne sont d’une grande originalité.

Joe est un sudiste au passé sombre issu de la classe ouvrière, homme solitaire auquel les vicissitudes de la vie ont légué un caractère irritable et une tendance à la violence.

Avec son pit-bull et ses coups de gueule, Joe est l’archétype de la masculinité.

Aujourd’hui, le travail censé le réhabiliter et qui consiste à empoisonner les arbres avant de les abattre, est une activité destructrice et il est obligé, pour garder la ligne qu’il s’est tracée, de contrôler sans cesse ses pulsions.

Dans cette existence sur le fil, sa rencontre avec Gary est une bouffée d’oxygène mais il lui faudra du temps pour l’accepter comme une aubaine.

Gary est un étonnant adolescent. S’il a la fougue de ses quinze ans, il a une force, une maturité d’homme et ses points de ressemblance avec Joe sont nombreux.

Lui aussi est à la recherche d’une existence normale qui en ferait le tuteur d’une famille à la dérive et qui n’en a que le nom. Son charisme et sa détermination seront "payants".

Les clichés sur lesquels repose un récit "cousu de fil blanc" (on devine l’issue de l’intrigue dès les premières images) sont transformés par ce que les deux comédiens font de leurs personnages et par une construction toujours en rupture.

Pas plus Joe que Gary n’appartiennent à la catégorie de ceux qui prennent le temps de s’épancher sur eux-mêmes et sur les autres et la violence leur sert de rampe de protection à tout sentimentalisme.

Et quand les sentiments sont sur le point de les submerger, ils font ce pas de côté qui les en éloigne.

Nicolas Cage compose un Joe tout en force mais qui laisse apparaître les effets des anciennes blessures et Tye Sheridan qu’on avait remarqué dans " Mud" aux côtés de Matthew Mac Caunoghey et qui obtint pour le rôle de Gary le Prix du meilleur espoir masculin au dernier Festival de Venise, fait preuve, à côté d’une forte présence, d’une étonnante inventivité de jeu.

Francis Dubois

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