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Un film de Florian Gallenberger (France –Allemagne-Chine)

"John Rabe" Sortie en salles le 16 février 2011

1937. L’Europe est en proie à la montée du nazisme. A l’autre bout du monde, la seconde guerre sino-japonaise multiplie les massacres sur le peuple chinois…
A Nankin, alors capitale de la Chine, l’homme d’affaires John Rabe qui dirige les usines Siemens, parvient à mettre en place, avec l’aide de quelques uns, une zone de sécurité pour soustraire une partie de la population chinoise de la cruauté japonaise.
Il aura, de cette façon, réussi à sauver des dizaines de milliers de vies. On évalue à 250 000 le nombre de chinois qui ont pu trouver refuge dans cette enclave protégée et à 600, ceux qui se sont abrités dans les jardin de sa propre maison.

John Rabe fut surnommé le "Schindler de la Chine". Les chinois lui vouent une grande reconnaissance et se réfèrent à lui comme un bouddha vivant.
En 1938, John Rabe est rappelé à Berlin. Il est arrêté par la Gestapo pour avoir dénoncé les crimes de guerre des japonais au cours de conférences et dans une lettre adressée à Hitler.
En signe de reconnaissance, le gouvernement chinois lui a versé une petite pension jusqu’à sa mort en 1950. Il finit cependant dans la pauvreté et oublié de tous.
Florian Gallenberger avait le projet de faire une adaptation filmée du journal que tint John Rabe au cours de l’année 1937, mais le sujet était délicat à traiter. D’une part, le massacre de Nankin fut et reste encore un sujet de tension diplomatique entre le Japon et la Chine et, d’autre part, était-il possible à un allemand de réaliser un film dont le personnage central, membre du parti nazi, en arrive au sauvetage de civils chinois de l’agression japonaise, en utilisant le drapeau nazi.
Différents obstacles allaient se dresser pour contrarier le projet. Un réalisateur chinois était sur les rangs pour s’emparer du sujet et la seule autorisation permettant de rencontrer des survivants au massacre nécessitait l’accord du parti communiste qui ne pouvait l’accorder à un ressortissant allemand…
C’est la rencontre fortuite ente le réalisateur et un des témoins des massacres, qui accepta de le rencontrer malgré l’interdiction, qui renforça Florian Gallenberger dans son projet.
La réalisation passe pour être fidèle au contenu du journal de John Rabe. Le film relate la terrible progression de la tragédie, l’acharnement des japonais sur une population chinoise démunie et affaiblie, les épisodes de massacres aveugles, de viols et de sauvageries de toutes sortes.
Ulrich Tukur, dont on a retenu ses compositions dans "Le ruban blanc" de Haneke ou "Séraphine" de Martin Provost joue avec beaucoup de sensibilité ce héros malgré lui et, si le film romance peut-être un peu trop certains épisodes, s’il est de facture assez classique et rappelle en de nombreux points d’autres réalisations relatives aux actes d’héroïsme désintéressé, il reste d’une solide efficacité et a le mérite de rendre hommage à cet homme membre de NSDAP, qui sut le moment venu faire un choix et donner l’avantage à ce qu’il y avait en lui d’humanité.
Francis Dubois

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