Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

Un film de Carlos Sorin (Argentine)

"Jours de pêche en Patagonie" Sortie en salles le 5 décembre 2012

Seul dans l’existence, Marco, représentant itinérant d’une entreprise de roulements à billes, est à la recherche d’un nouveau départ.

Arrivé en Patagonie, il décide de s’initier à la pêche au requin.

Son chemin croise celui d’un entraîneur de boxe qui manage une jeune femme en qui il met tous les espoirs d’en faire une championne, puis du propriétaire d’un vieux chalutier qui entreprend de lui apprendre les rudiments de la pêche au requin.

Mais ce projet n’est pas le seul motif de la présence de Marco en Patagonie.

Sa fille, qu’il n’a pas revue depuis des années, y vit, mais il possède peu d’éléments pour retrouver sa trace.

"Jours de pêche en Patagonie" est le portrait singulier d’un homme qui, au moment où il dresse le maigre bilan de sa vie, tente de redresser la barre.

Son projet le plus saillant, en attendant peut-être que d’autres suivent, est d’apprendre à chasser le requin.

Peut-être était-ce là un vieux rêve qu’il a caressé tout au long de sa vie. Peut-être l’envie lui en est-elle venue subitement, comme un caprice qui s’impose.

On ne saura pas non plus, quand on connaîtra le vrai motif de son voyage en Patagonie, si le besoin de renouer avec sa fille était l’élément moteur du projet. Ou si, une fois rendu sur place, les deux rencontres qu’il fait provoquent en lui le déclic qui fera naître cette idée des retrouvailles.

Qu’il s’agisse de l’entraîneur de boxe ou du propriétaire du chalutier, ces deux hommes entrent dans la vie de Marco de façon imprévisible et ces rencontres sont propres à le bousculer, à réveiller en lui des désirs endormis qui ont mis, jusque-là, à plat, son existence.

Et c’est ainsi, qu’un peu à son insu, Marco, riche de nouveaux contacts va entreprendre les recherches pour retrouver sa fille et du même coup, une famille dont il ne soupçonnait pas qu’elle pourrait faire irruption dans son existence.

Petit à petit, cet homme éteint va redresser la tête et s’engager avec confiance sur un autre chemin.

Carlos Sorin nous surprend à chaque instant avec le cheminement en sourdine de cet homme qui s’éveille à lui-même et qui devient à tel point gourmand d’ "aventures", si ordinaires puissent-elles être, qu’il s’y implique et les fait siennes.

Dès lors que la brèche est ouverte, il n’y aura plus pour lui qu’à se laisser conduire par ses désirs profonds, tenus si longtemps enfouis.

"Jours de pêche en Patagonie" est un film sobre et chaleureux qui fait état de ces existences lentes vécues sous l’emprise de la solitude.

Un très beau film sur la découverte de soi-même.

Francis Dubois

Autres articles de la rubrique Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

  • « Lola vers la mer »
    Lorsque Lola, jeune fille transgenre de dix huit ans est sur le point de se faire opérer, que la phase finale de sa transformation est imminente, sa mère qui l’avait toujours soutenue dans sa... Lire la suite (7 décembre)
  • « Les envoûtés »
    La directrice du magazine où Coline n’a jusque là écrit que sur des romans récemment parus lui propose de se charger de la rubrique « Le récit du mois ». Pour cela, elle doit rejoindre dans la maison au... Lire la suite (7 décembre)
  • « Un été à Changsha »
    Dans l’été caniculaire de Changsha, ville située au cœur de la Chine, l’inspecteur Bin enquête sur une drôle d’histoire, la disparition d’un jeune homme dont on a retrouvé le bras sur les bords de la... Lire la suite (3 décembre)
  • « Seules les bêtes »
    Un femme disparaît mystérieusement. Sa voiture est retrouvée abandonnée au bord de la route de montagnes qui conduit à quelques fermes isolées du Causse. Alors que la gendarmerie tente de retrouver... Lire la suite (2 décembre)
  • « It must be heaven »
    Elia Suleiman fuit la Palestine à la recherche d’une nouvelle terre d’accueil avant de réaliser que son pays d’origine le suit comme une ombre. La France d’abord, lui offre le spectacle d’un Paris... Lire la suite (2 décembre)