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Un film de Bence Fliegauf ( Hongrie)

"Just the wind" Sortie en salles le 12 juin 2013

Dans un village hongrois, de nos jours, Mari et ses enfants adolescents, Anna et Rio, vivent un quotidien précaire entre la misère et la peur d’être les prochaines victimes d’un racisme aveugle.

Le père est émigré au Canada et pour la famille, l’espoir réside dans le projet d’aller l’y rejoindre un jour.

Mais en attendant, il faut se montrer vigilant de jour comme de nuit, car mystérieusement, au village même et dans tout le pays, des familles entières de Roms ont été massacrées… Et le brut qu’on entend n’est peut-être pas "juste celui du vent".

C’est par le biais de cette famille que le réalisateur hongrois Bence Fliegauf montre les multiples formes que peut prendre l’expression d’une haine enracinée dans les préjugés.

"Just the wind" suit alternativement le parcours ordinaire de Mari, la mère et de ses deux enfants, le temps d’une journée.

Loin des représentations folkloriques qui hantent nos imaginaires à propos de la communauté rom, il en dresse un portrait réaliste portant sur la grande précarité économique de ces familles et la marginalisation dont elles sont les victimes tant sur un plan social que sur un plan géographique.

Dépassant le cadre du documentaire, à travers les événements tragiques évoqués, le film s’interroge sur les raisons des préjugés qui s’acharnent sur ces communautés, les mécanismes qui conduisent à la haine raciale et aux actes criminels qui en découlent.

Face à cette haine qui menace sans cesse et ses conséquences, le réalisateur met en place trois réactions emblématiques qu’il incarne dans les trois personnages dont on suit le parcours tout au long du film.

Le projet de fuite de Mari vers un ailleurs où elle et sa famille pourraient enfin "renaître", l’effacement d’Anna dans ses occupations ordinaires d’adolescente et l’auto-protection de Rio qui a aménagé sous terre un bunker où il pourrait trouver refuge le cas échéant.

Des attitudes qui, actives ou passives, sont toutes trois liées plus ou moins à la "disparition".

Dans cette misère crasseuse que vient doubler le sentiment de peur, surgissent trois portraits convaincants d’êtres en sursis qui se comportent à la fois comme si, pour eux, l’avenir allait s’éclaircir ou au contraire, comme si leurs heures étaient comptées. Leur comportement reste tout autant lié à l’espoir dont ils rêvent, qu’à une terrible fatalité qu’ils pressentent..

Aujourd’hui les Roms sont toujours victimes de discriminations profondément enracinées dans de nombreux aspects de la vie courante. Dans un contexte de récession économique et de chômage, les tensions s’accroissent en Hongrie autour des 500 000 à 700 000 Roms vivant dans ce pays de 10 millions d’habitants.

Un film à voir et à montrer.

Francis Dubois

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