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Un film de Dominique Monféry (France-Italie)

"Kerity, la maison des contes" Sortie en salles le 16 décembre

A sa mort, la tante Eléonore a légué sa maison de Kérity à ses neveux, et sa mystérieuse bibliothèque à Nathanaël qui, à sept ans, n’a toujours pas réussi à apprendre à lire.
A la suite d’une violente tempête, le toit de la maison est emporté. Pour le réparer, les héritiers désargentés ne voient qu’une solution : vendre à Pictou, le brocanteur local, les centaines de livres de contes alignés sur les rayonnages.
Terrifiés par la nouvelle, les personnages des contes sortent des livres et alertent Nathanaël des dangers de leur disparition. Alors que les parents du jeune garçon et le brocanteur sont sur le point de conclure la vente, Nathanaël, convaincu qu’il faut sauver la bibliothèque, aidé de l’Ogre du Petit Poucet, d’Alice du Pays des merveilles et du lapin, va tenter d’éviter la catastrophe qui provoquerait la disparition à tout jamais des célèbres personnages.
Mais Nathanaël qui ne sait pas lire saura-t-il déchiffrer la formule magique ?

"Kérity, la maison des contes" est né de la collaboration de la célèbre illustratrice Rebecca Dautremer, du réalisateur de films d’animation Dominique Monféry et de la scénariste Anik Le Ray auteur de courts métrages.
"Kérity" enchante dès les premières images. Graphisme sensible et délicat, dialogues ciselés couleurs chaudes et situation d’entrée familière à tous. On s’installe dans la maison pour les vacances, on redécouvre les lieux, on court à la première baignade, on retrouve les voisins et on a bien sûr encore en tête la voix généreuse de Tante Eléonore quand elle racontait les contes aux enfants.
La tempête survient. Les dégâts sont importants et les frais qu’entraînerait la réparation bien supérieurs aux possibilités financières de la famille. Mais lorsque, d’un commun accord on décide de vendre le contenu des rayonnages de la bibliothèque, a-t-on conscience que la vieille tante avait réuni là tout ce que la littérature compte de contes et qu’à l’insu de tous, les personnages, du plus célèbre au plus obscur ont créé, face à l’aubaine de se trouver tous réunis, une sorte de confrérie ?
L’idée est magnifique et le résultat dessiné et filmé ne l’est pas moins. L’apparition de cette multitude de petits personnages familiers est une vraie féérie et, quand l’aventure vire à une course contre la montre, que le suspens tient en haleine, quand Nathanaël prend conscience de la valeur de l’héritage de Tante Eléonore et qu’ensemble ils tentent de sauver la collection, il ne manque personne pour souhaiter la réussite finale.
Denis Podalydès et Julie Gayet prêtent leur voix aux parents, Lorant Deutch à Alice, Liliane Rovère à la Fée Carabosse et Pierre Richard à Adrien le vieux voisin, mais il y a dans la distribution des voix un enchantement, c’est celle de Jeanne Moreau jouant la vieille tante
Eléonore. L’oreille est charmée de tant de délicatesse, de tant de générosité exprimée jaillissant du dessin succinct d’une vieille dame à chignon.
Tout, dans ce film d’animation relève d’un grand talent.
On peut voir le film à partir de cinq ans mais tous les autres âges devraient y trouver leur compte.
Francis Dubois

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