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Un film de Ilmar Raag (Estonie)

"Kertu" Sortie en salles le 4 février 2015.

Sur la petite île de Sareema en Estonie, Kertu, trente ans, vit chez ses parents sous l’étroite surveillance d’un père despotique mais aimant.

Dans le village où elle assure les fonctions de factrice, la jeune femme est considérée par tous comme une débile légère.

Pourtant elle est capable de composer un poème à l’adresse de Villu, un homme alcoolique et grand séducteur, dont elle est secrètement amoureuse.

Un soir de fête Kertu et Villu s’isolent et finissent par passer la nuit ensemble dans une cabane.

Furieux, le père de Kertu décide de faire justice à l’encontre de celui dont il considère qu’il a abusé de sa fille.

Cinéma : Kertu

Pour écrire le scénario de son film, Ilmar Raag s’est inspiré de deux histoires vraies qui se sont déroulées sur l’île même où est situé le récit.

Deux destins improbables d’un homme et d’une femme.

Lui, n’était jamais tombé amoureux avant que les médecins lui annoncent sa mort prochaine. L’urgence de vivre lui avaient inspiré des sentiments nouveaux.

Elle, que tout le monde dans son entourage tenait pour folle, une fois portée par un amour libérateur, allait se révéler et s’ouvrir à la vie.

La première moitié du film de Ilmar Raag, calqué sur le comportement mutique de Kertu est constitué de séquences contemplatives.

Le comportement silencieux et soumis de la jeune fille est-il lié au caractère despotique et violent de son père, à la maladie dont elle est peut-être atteinte, à sa nature languissante ?

Mais c’est dans la seconde partie du film que le récit prend toute son ampleur, révèle toute sa force avec la révélation à eux-mêmes de deux êtres que les circonstances de leur existence avaient marginalisés.

Lorsque Villu, accusé par tous d’avoir abusé de Kertu au cours de la nuit d’amour qu’ils ont passée ensemble, est obligé de fuir, le déclic se produit et le récit s’emballe.…

Il est difficile d’oublier le visage angélique de Keru, son regard qui semble incapable de se fixer, son comportement passif.

Celui de Villu qui, habitué à des relations ponctuelles avec les femmes, découvre qu’il commence à croire aux sentiments qui surviennent. Une force nouvelle l’envahit et il est désormais prêt à se battre pour affronter les habitants qui considèrent que ni lui, ni Kertu n’ont droit à l’amour.

Comment l’un et l’autre s’y prendront-ils pour passer les obstacles et faire triompher la passion qui les porte ?

"Kertu" est un film âpre, cruel en même temps que le récit d’une infinie douceur. Les paysages de l’île, l’atmosphère qu’ils distillent, l’impression d’isolement, donnent une coloration particulière aux actes at aux sentiments.

Francis Dubois

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