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Un film de Olias Barco (Belgique)

"Kill me please" Sortie en salles le 3 novembre

Ira-t-on un jour se suicider dans un établissement spécialisé officiellement reconnu, comme on part en vacances ?
La clinique du docteur Kruger, solide et rassurante bâtisse isolée dans les bois, reçoit une subvention pour que les candidats au suicide, à condition que leur dossier soit justifié, puissent être médicalement accompagnés dans leur démarche, par une équipe médicale.
Le docteur Kruger reçoit les patients, étudie avec eux leurs dossiers et évalue les motifs qui justifient ou non leur décision.
Jusqu’au jour où les villageois s’en mêlent et s’élèvent contre l’existence d’une telle structure,
au prétexte que personne ne doit commander à la mort.
Le directeur de production de "Kill me please" est celui qui avait été de l’équipée légendaire de "C’est arrivé près de chez vous". et on retrouve ici la même liberté de ton, l’insolence, la cruauté, l’humour et la dérision qui, conduits au-delà des limites de toute vraisemblance, n’en flirtent pas moins, par moments, avec une sorte de troublant possible.
Il y a ici quelque chose du documentaire dans la façon de filmer d’Olias Barco (caméra légère proche des acteurs) mais il y a en contre partie tous les excès d’une farce macabre, et le film, peut-être par sa grande liberté narrative, échappe à toute classification.

© Olivier Donnet

Les candidats au suicide sont-il des morts vivants en attente de délivrance et quelquefois, "Kill me please" présente les caractéristiques du film de genre quand on sent les protagonistes prêts à tous les débordements.
Il était sans doute difficile de jouer comme le fait et le réussit ici le réalisateur, comme l’ont imaginé les scénaristes, avec le réalisme de certaines scènes qui font pencher le récit du côté d’une certaine authenticité, et un second degré qui, malgré tout, n’atteint jamais tout à fait, le domaine de la farce.
Peut-être y a-t-il dans le propos du film, une mise en garde. Et si notre société inventait un jour, à des fins de profit, ce type de service. Pourquoi ne pas imaginer que des multinationales ou grands groupes industriels se mettent à intégrer des unités de suicide médical assisté au sein de leur Direction des Ressources humaines pour satisfaire le désir présent en chacun de nous, d’une mort digne et propre.
La distribution est brillante. La scène d’ouverture avec Benoît Poelvoorde qui allie drôlerie et pathétique est magnifique. De Bouli Lanners à Virginie Efira et Zazie de Paris… on pourrait les citer tous, mais la bonne idée est d’avoir confié à Aurélien Recoing le rôle du Docteur Kruger.
Le charisme du comédien rejaillit sur le personnage et lui donne une dimension de sérénité et de douce générosité qui trouble, au bon sens du terme, le récit de bout en bout et maintient toute l’ambiguïté.
Francis Dubois

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