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Un film de Nick Hamm (Grande Bretagne)

"Killing Bono" Sortie en salles le 13 juillet 2011

Neil Mc Cornick, dont le charme et le talent ne font pas de doute, est persuadé qu’il est promis à un avenir de Rock star.
Son camarade de lycée, Paul, nourrit les mêmes ambitions et c’est lui qui remporte la première manche dans la course au succès, quand il obtient la seule place de chanteur au sein de "The Hype" la formation de leur établissement.

Neil surenchérit en créant son propre groupe avec son frère Ivan, bien déterminé à laisser "The Hype" loin derrière eux.
Or, la formation de Paul rebaptisée U2, qui a le vent en poupe, prend de l’ampleur et il ne reste plus à Neil qu’à devenir plus gros et à tenter de supplanter en célébrité la formation de son rival.
Aveuglé par son ambition, il aura commis une faute dont les effets de culpabilité ne cesseront de le poursuivre : taire à Ivan que Paul avait exprimé le désir de le compter parmi les membres de l’U2.
Le film de Nick Hamm est inspiré de l’autobiographie publiée par Neil Mc Cormick, "I was Bono’s Dopelganger".
Paul, devenu Bono avec la célébrité, et Neil se sont effectivement connus au Lycée et ils nourrissaient l’un et l’autre les mêmes ambitions musicales. Mais là où l’un a réussi au delà de tous les espoirs, l’autre a échoué après treize années d’acharnement et de galère dans laquelle il a entraîné Ivan.
L’échec est devenu pour Neil un véritable fardeau psychologique aggravé par le mensonge, et c’est peut-être une des raisons pour laquelle s’est imposée à lui la nécessité d’écrire ce livre, et de se débarrasser de ce qu’il nomme son double maléfique (doppelganger).
Or ce livre, écrit par un musicien inconnu et qui était le récit d’un échec, allait intéresser le cinéaste Nick Hamm qui, dès la parution de l’ouvrage, a exprimé le désir d’en faire le sujet d’un film.
Ainsi, la réalisation de "Killing Bono" apparaît pour Neil Mc Cormick comme une sorte de revanche sur la malchance qui a fait de lui un perdant.
Le film de Nick Hamm, malgré son lourd potentiel dramatique, reste une comédie et ce choix qui allège le propos, le déleste de tout risque d’apitoiement, conduit à donner à la représentation du succès, un côté un peu caricatural qui réduit l’écart entre les deux destins.
"Killing Bono" est de facture plutôt classique, ce qui convient parfaitement au récit et les comédiens tous remarquables, avec un jeu parfois décalé, apportent au film une tonalité débordante qui aurait pu faire défaut.
Francis Dubois

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