Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

Un film de Deniz Gamze-Ergüven (France- USA)

« Kings » Sortie en salles le 11 avril 2018.

1992. Millie habite un quartier populaire de Los Angeles. Elle s’occupe de ses propres enfants et d’autres en attente d’adoption dont elle a momentanément la charge.

Los Angeles s’enflamme à la suite du lynchage de Rodney King, un afro-américain, par des policiers du Police Department.

Quelques jours plus tard, une adolescente afro-américaine est abattue par la propriétaire d’une épicerie qui la soupçonnait de lui avoir volé une bouteille de soda.

En novembre 1991, le jugement de Soon ja Du a lieu mais le juge Joyce Karlin ne tenant pas compte de l’avis du jury, prononce envers la commerçante une peine de prison assortie d’un sursis.

Un décision qui plonge la communauté de South Central dans la fureur.

En mars 1992, le procès des quatre policiers qui avaient lynché Rodney King se solde par un acquittement.

Deux heures plus tard éclatent en réaction à cette injustice flagrante, les premières émeutes dans le quartier de South Central.

Elles dureront cinq jours, feront entre cinquante et soixante morts et on comptera plus de 3000 départs de feu détruisant 11 000 bâtiments dans la ville et 4000 arrestations.

Cinéma : Kings

Il n’y avait jusque là jamais eu de film sur ces émeutes de Los Angeles.

Ni pour la « Los Angeles Police Department » (LAPD) ni de la part de ceux qui se sont livrés à des débordements et à du pillage, il n’y avait intérêt à revenir sur cet épisode.

Et personne n’avait envie de se souvenir.

Or, les émeutes de Los Angeles résonnent particulièrement aujourd’hui, la question raciale restant un problème majeur loin d’être réglé ; et la société américaine reste néanmoins très marquée par ces événements.

Pour ces raisons, « Kings » a pris beaucoup de temps à se faire. Il s’agissait d’un projet « à rebrousse poil » à l’écart des lignes classiques de production.

Le film de Deniz Gamze Ergüven ( à qui on doit un «  Mustang » très remarqué, il y a deux ans) repose sur plusieurs socles narratifs :

- L’origine des émeutes qui, partant d’un fait divers regrettable, prend une ampleur considérable,

- L’évolution du phénomène en tache d’huile.

- Les images d’archives qui apportent un renfort documentaire au film.

- Le contre-coup des événements sur l’intimité des personnages, les enfants, les adolescents et les adultes assistant à ce qui se passe et qui les déborde, à la précipitation de leur avenir social ou amoureux.

Et c’est le mixage de ces éléments qui composent le film que réussit pleinement et dans une grande fluidité narrative, la réalisatrice.

Un montage virtuose que les interprètes tous remarquables relaient par leur jeu.

Magnifique présence de Daniel Craig et de Halle Berry mais également de la distribution des rôles des adolescents et des enfants.

Mais cette réalisation de grande qualité n’aurait-elle pas gagné à fonctionner sur une bande-son moins bruyante qui parfois, empiète sur les images ?

Francis Dubois

Autres articles de la rubrique Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

  • « Bagdad Station »
    . Bagdad 2006, le jour de l’exécution de Saddam Hussein. Sara pénètre dans la gare centrale de Bagdad déterminée à commettre un attentat suicide au milieu de la foule. Mais c’est sans compter avec sa... Lire la suite (19 février)
  • « La chute de l’empire américain »
    Malgré un doctorat en philosophie, Pierre-Paul Daoust est chauffeur pour une société de livraison. Un jour, il assiste à un hold-up au cours duquel deux des trois malfaiteurs sont abattus,... Lire la suite (18 février)
  • « Les moissonneurs »
    En Afrique du Sud, Free State est le bastion d’une communauté blanche isolée, les Africaners. Au milieu d’une famille de riches éleveurs, catholiques fervents, profondément conservateurs où la force... Lire la suite (17 février)
  • « La liberté »
    Dans la plaine orientale corse, Casabianda est un centre de détention au sein d’un vaste domaine agricole. C’est une prison à ciel ouvert qui n’a rien à voir pour l’essentiel des conditions de vie... Lire la suite (17 février)
  • « Peu m’importe si l’histoire nous considère comme des barbares »
    En 1941, l’armée roumaine massacre 20 000 juifs à Odessa. De nos jours, une jeune réalisatrice s’attache au projet de monter un spectacle de cet épisode douloureux, par une reconstitution militaire,... Lire la suite (16 février)