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Un film de Claus Wischmann et Martin Baer (Allemagne)

"Kinshasa symphonie" Sortie le 14 septembre 2011

La fin de la décennie 50 marque l’âge d’or de la musique congolaise alors que surviennent des événements politiques déterminants pour le pays, notamment les indépendances du Congo Léopoldville et du Congo Brazzaville.
La musique congolaise se libère de la musique traditionnelle et tend vers la musique latino-américaine. Le paysage musical de cette période est dominé par l’African jazz à Léopoldville et le Negro Band à Brazzaville.
Depuis octobre 1971, le Congo Kinshasa s’appelle désormais Zaïre et on parle dorénavant de musique zaïroise.

Depuis une quinzaine d’années, il existe un orchestre symphonique à Kinshasa.
Le film de Claus Wischmann et Martin Baer, en suivant le travail des musiciens au cours des répétitions, dresse le portrait du Congo d’aujourd’hui, de ses habitants et de leur amour pour la musique.
La répétition peut se passer au milieu d’une place poussiéreuse à l’abri d’une palissade à travers laquelle on voit se dérouler la vie du quartier. Quelquefois quelqu’un s’arrête et passe la tête au-dessus du mur, observe quelques instants.
D’un côté de la palissade, la répétition par une centaine de participants de la neuvième symphonie de Beethoven, "L’hymne à la joie" et de l’autre, les allées et venues d’une ville active et grouillante, d’hommes et de femmes livrés à leurs occupations quotidiennes.
Alors qu’habituellement, la musique classique se donne dans des lieux solennels dont il est parfois difficile de franchir le seuil, c’est ici ce mélange intime de l’Art et de la rue active qui fait l’intérêt du film, qui lui donne son authenticité.
Les réalisateurs isolent ici et là quelques-uns des musiciens de l’orchestre symphonique. Ils en choisissent un et le suivent dans son environnement et dans l’activité parallèle qu’il exerce. L’une vit seule avec son petit garçon. Elle l’amène à toutes les répétitions et le couple mère-fils finit par nous devenir familier. La femme est ouvrière, musicienne prestigieuse et elle est, avec la même ardeur, une mère comme n’importe quelle autre.
Il en est ainsi de Joseph, d’Albert ou d’Armand qui nous autorisent à les accompagner et à les surprendre dans leur environnement quotidien, dans l’accomplissement leurs tâches lucratives qu’ils exercent de la même façon qu’ils satisfont à leur passion pour la musique classique.
Rien ne gêne les musiciens virtuoses du seul orchestre symphonique non seulement de Kinshasa, du Congo mais aussi de toute l’Afrique subsaharienne. Ni de sauter en habits de scène par-dessus les flaques d’eau boueuse du chemin qui conduit sur le lieu du concert, ni de répéter dans des lieux de fortune…
L’émotion qui se dégage du film et qui tient à ce mélange de l’art musical et du quotidien vient nous surprendre parfois avec une image d’une grande simplicité. Ainsi, à la fin du film, ce musicien qui franchit un pont avec son instrument fraîchement achevé par un artisan et dont on a suivi la fabrication tout au long du récit.
Un beau film documentaire. Un beau moment de cinéma aussi.
Francis Dubois

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