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Un film d’Eli Roth (USA –Chili)

"Knock Knock" Sortie en salles le 23 septembre 2015.

Evan, la quarantaine est architecte. Marié à une artiste dont l’œuvre est reconnue et père de deux jeunes enfants joyeux et équilibrés, il coule des jours heureux même si un travail urgent le retient chez lui pendant que sa petite famille s’apprête à aller passer le week-end dans une maison qu’ils possèdent, au bord de la mer.

Alors qu’il s’apprête à passer une fin de semaine studieuse, il reçoit la visite de deux jeunes filles qu’un terrible orage a surprises et qui ont perdu le chemin de la fête où elles devaient se rendre.

Leur portable s’étant noyé sous l’averse, Evan leur propose d’utiliser son téléphone et de sécher leurs vêtements trempés dans le sèche-linge de la maison.

Quel danger pourrait représenter la présence dans la maison d’Evan de deux jeunes filles joyeuses insouciantes et heureuses de vivre ?

La vie qu’il s’est construite sur des bases solides semble le mettre à l’abri d’un quelconque danger et c’est avec amusement et une certaine candeur qu’il observe dans un premier temps la présence chez lui de jeunes personnes dont il ne retient que la bonne humeur.

Lorsque les deux intruses passent à la vitesse supérieure, font montre de plus en plus d’audace, il demeure serein.

Mais que restera-t-il de ses certitudes, de sa fidélité à son épouse, de ses responsabilités de papa exemplaire lorsque Genesis et Bel entreprennent de le séduire, de caresser son corps, de le dénuder et de lui imposer une fellation

La candeur d’Evan est persistante. Il lui faudra, pour comprendre que les deux jeunes filles qui se font passer pour des mineures, sont de vrais prédateurs, qu’elles le débordent de toutes part, le menacent et finissent par le ligoter pour mieux le tenir à leur merci.

Cinéma : Knock knock

Le film d’Eli Roth offre une double lecture : On peut le voir comme un récit d’horreur et de cruauté dont l’évolution, dans un premier temps, très graduelle, se montre très efficace.

La deuxième partie du film est plus contestable dès lors que la cruauté des jeunes filles se révèle et que l’escalade ne connaît plus de limites.

L’autre aspect du film, non négligeable touche au personnage d’Evan. Cet homme protégé par sa situation professionnelle, un équilibre personnel, a gardé une sorte d’innocence qui tout à coup le rend vulnérable.

Mais sa vulnérabilité ne tient pas qu’à sa candeur. Elle est liée au fossé qui s’est creusé entre deux générations. Celle des quadragénaires qui font un usage professionnel, donc modéré des nouvelles technologies et celle des individus qui sont nés avec elles, qui les maîtrisent totalement au point d’en faire un outil intrusif et malfaisant.

L’avantage des deux jeunes femmes sur Evan tient à cette différence. Et le spectateur découvrira en même temps qu’Evan avait été choisi et que l’intrusion de Génésis et de Bel chez l’architecte n’était pas le fruit de circonstances mais qu’elle avait été préméditée.

Il y a peut-être une troisième possibilité d’appréhender le film d’Eli Roth. C’est, compte tenu de l’escalade dramatique conduite jusqu’au paroxysme de la violence destructrice, d’y voir une comédie trash.

Les amateurs de sensations fortes y trouveront leur compte…

Francis Dubois

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