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Un film de Jean-Marie Straub (France)

"Kommunisten" Sortie en salles le 11 mars 2015

Jean-Marie Straub, avec "Kommunisten" crée une fois de plus la surprise, avec une œuvre dans le droit fil de ce qu’il a réalisé depuis des décennies, mais également totalement inattendue, inventive et envoûtante.
culture/cinéma "Kommunisten" se compose de six parties distinctes dont cinq sont extraites d’œuvres précédentes du cinéaste (et Danièle Huillet) allant de 1976 (Les Apuanes, tiré de Fortini:Cani) à 2001 (L’Espoir, tiré de Opérai, Contadini)
La scène d’ouverture, tournée à partir de textes d’André Malraux, "Le temps du mépris", date de 2014 et met en présence des prisonniers politiques.

Il ne s’agit pas pour le cinéaste de s’auto citer mais d’utiliser un fonds d’archives personnel pour donner lieu à une nouvelle réflexion cinématographique.
Les films de Jean-Marie Straub ont toujours été constitués de "blocs" qu’il fait s’entrechoquer, blocs denses de textes, de paysages, de visages, de plans fixes ou longs panoramiques qui donnent à voir, au final, l’invisible des sentiments et du politique.
Quarante ans séparent ici différents extraits, blocs de temps, de textes (Malraux, Fortini, Vittorini, Holderlin) et blocs de langues (Français, Italien, Allemand) pour que du fracas résultant de l’entrechoc, émerge l’histoire du monde et, dans le même mouvement, l’histoire politique de son dépassement.
"Kommunisten" c’est Jean-Marie Straub et c’est Danièle Huillet, c’est la réinvention à demi- posthume de ce tandem indissociable de réalisateurs qui a traversé le XXème siècle, ses conflits, ses utopies, en cherchant dans le repli des mots et des images qui les tissent, ce qui subsiste encore, caché, enfoui dans l’oubli.
Chaque extrait de film qui, associé à un autre constitue la trace, nous emmène en terrain découvert dans un passé qui ressemble au présent puisque nombre de questions posées sont restées, depuis, sans réponses.

Plans fixes et longs travellings se succèdent et, d’un montage subtil et sublime, surgit un moment envoûtant de cinéma qui nous rend intact un art servi par un orfèvre de la mise en scène, le savoir-faire d’un réalisateur qui gardé le cap, traversé les modes et les turbulences artistiques, sans jamais céder le moindre centimètre de terrain.

Les directeurs de la photo auxquels Jean-Marie Straub faisait appel avaient pour nom Renato Berta ou Willy Lubchansky….

Francis Dubois

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