Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

Un film de Brice Cauvin (France)

"L’Art de la fugue" Sortie en salles le 4 mars 2015.

Ils sont trois frères très différents les uns des autres. Antoine vit depuis dix ans avec Adar une relation que tous dans la famille ont reconnue. Mais après une rencontre avec Alexis, le voilà titillé par le démon de l’infidélité.

Louis va se fiancer avec Julie que tout le monde considère déjà comme sa femme, même si le garçon de nature frivole est tombé amoureux fou de Mathilde au cours d’un séjour à Bruxelles.

Gérard n’aime qu’Hélène mais celle-ci qui a rencontré un autre homme, est sur le point de demander le divorce.

Et si Gérard si déprimé par la prochaine rupture retrouvait le goût de vivre en la personne d’Ariel, l’associée d’Antoine ?

La grande confusion où se débattent les trois frères est "supervisée" par Nelly, mère omniprésente et Francis, le père qui se retrouve à l’hôpital après un malaise. Mais ne serait-ce pas, pour cet homme paisible, le moyen de pouvoir lire son journal en toute tranquillité ?

Cinéma : l'art de la fugue

En adaptant le roman de Stephen McCauley, transposé de l’Amérique en France, Brice Cauvin, avec l’efficace complicité d’une distribution très convaincante, réussit une "comédie mélancolique" qui devrait séduire un large public.

Aux cinq personnages principaux, les trois frères et les parents, tous finement dessinés et échappant aux clichés, s’ajoute une foule de personnages annexes parmi lesquels, aucun, jusqu’au plus petit, ne manque de contour.

Au centre du fourmillement de tout ce petit monde pris dans une sorte de tourbillon narratif toujours de bon ton, s’impose très vite le personnage d’Antoine merveilleusement brossé, tout en nuances, par un Laurent Laffitte (de la Comédie Française) au meilleur de sa forme pour nous proposer dans un registre de jeu restreint, toute une palette de nuances qui, tour à tour, l’intègre ou le marginalise au sein de cette famille à la fois loufoque dans ses comportements mais très conventionnelle dans les sentiments.

Antoine, sorte d’adolescent prolongé à l’air vaguement boudeur, perpétuellement inquiet, est-il isolé dans son monde ou au contraire, son air préoccupé lui vient-il des questions qu’il se poserait à propos de chacun et de lui-même ?

Est-il une sentinelle en faction surveillant le désordre autour de lui ? Est-il sans cesse prêt à raccommoder, en cas de dégâts, les morceaux de la vie des autres et…de la sienne ?

Sorte de petit personnage de Sempé pris dans la bourrasque, il est absolument remarquable pour générer la drôlerie et l’émotion, dans le même temps.

Mais les autres ne sont pas en reste : Marie-Christine Barrault en mère intrusive, Guy Marchand en père dépassé, Agnés Jaoui en maîtresse femme fragile ; Nicolas Bedos en amoureux fluctuant, Bruno Putzulu en "homme qu’on ne peut pas quitter" ou Arthur Igual en gay au cœur d’artichaut.

C’est savoureux, mélancolique et drôle, d’un genre inidentifiable.

Francis Dubois

Autres articles de la rubrique Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

  • « Dawson City, le temps suspendu »
    C’est dans cette petite ville canadienne, à 500 kilomètres au sud du cercle polaire, que le conducteur d’une pelleteuse a mis au jour en 1978, lors de travaux pour un centre de loisirs, des boîtes... Lire la suite (2 août)
  • « Les Grands voisins. La cité rêvée »
    Maël est un artiste peintre sans papiers, Adrien est luthier et musicien. Eux et d’autres résidents de tous crins et venus de tous les horizons ont donné naissance à une utopie moderne en plein cœur... Lire la suite (14 mai)
  • « The room »
    Kate, elle traductrice et Matt artiste peintre, un couple de trentenaires dans l’impossibilité d’avoir un enfant, lassés d’une existence citadine s’installent dans une maison isolée qu’ils ont achetée... Lire la suite (14 mai)
  • « Benni »
    Benni est une fillette de dix ans enfermée depuis sa petite enfance dans un état d’ instabilité, une suractivité permanente et des accès de violence qu’elle ne parvient pas à contenir. Prise en charge... Lire la suite (17 mars)
  • « Le cœur du conflit »
    Un cinéaste japonais et une cinéaste française décident de faire ensemble, non pas un enfant qui serait jeté en pâture à une société offerte à un avenir de plus en plus inquiétant, mais un « enfant... Lire la suite (11 mars)