Actualité théâtrale

La Commune d’Aubervilliers, Centre Dramatique National, jusqu’au 7 décembre 2014

"L’Avare : un portrait de famille en ce début de 3ème millénaire". Teste de Peter Licht. Mise en scène Catherine Umbdenstock.

Les textes classiques sont une source inépuisable pour de jeunes auteurs qui y trouvent matière à un travail de création inspiré (" Le Misanthrope " au Théâtre de la Bastille) ou qui s’en servent pour traiter des sujets de société (le rapport à l’argent, la thésaurisation systématique des biens, l’héritage, l’inégalité de la répartition) comme c’est le cas pour Peter Licht qui propose une réécriture outre-Rhin de notre " Avare".

Qu’on le sache très vite " Le portrait de famille en ce début de 3 ème millénaire" est très éloigné de la pièce de Molière.

On n’y retrouve que les noms des personnages (quand ils ne sont pas déformés : Fléchette pour La Flèche) et, dissout dans de nombreuses digressions, les thèmes de l’argent et de l’avarice.

Peter Licht se sert du texte de Molière comme le moyen de porter un regard sur une société où l’argent, la jeunesse, la surconsommation sont rois.

Il recadre l’histoire dans un monde où il y a une surabondance de tout, répartie de façon inégale et injuste, où les plus âgés possèdent un argent dont ils ne profitent que pour l’accumuler alors que les jeunes qui ne l’ont pas, sauraient en profiter.

Mais ici, les enfants ne valent pas beaucoup mieux que leur père. Cléante est un jeune homme de son temps qui ne manque ni de projets ni de désirs.

C’est maintenant, tout de suite qu’il voudrait disposer de cet argent qui va lui revenir un jour. Et c’est ainsi que pour soutirer des sommes à son père, il se fait passer pour un enfant du Tiers Monde à parrainer…

Elise est sur la même ligne que Cléante mais sur un mode plus résigné et dépressif.

Frosine qui vit avec la famille Harpagon, a en charge l’intendance du foyer mais elle se heurte à la fainéantise d’adolescents cupides et irresponsables qui refusent de dresser la table parce qu’ils n’ont pas faim et qui préfèrent, le cas échéant, "manger dehors" une nourriture de mauvaise qualité…

Théâtre : "L'avare"

Tout cela qui parle de notre société et de ses travers, aurait pu se passer de la référence à Molière et être présenté comme une création dont le propos, s’il n’est pas toujours de haute tenue, est souvent rendu agréable par sa forme et par la présence sur le plateau de jeunes comédiens dont la dynamique et le talent font plaisir à voir.

Peut-être, pour avoir (inutilement) fait référence à Molière, ce spectacle souffrira-t-il auprès du public d’un malentendu .Dommage, car il en vaut bien d’autres qui auront été encensés.

Francis Dubois

La Commune Aubervilliers Centre Dramatique National, 2, rue Edouard Poisson 93 300 Aubervilliers.

Réservations (partenariat Réduc’snes tarifs réduits aux syndiqués Snes mais sur réservation impérative) 01 48 33 16 16

www.lacommune-aubervilliers.fr

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