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Un film de Andrea Molaioli (Italie)

 "L’Empire des Rastelli" Sortie en salles le 28 décembre 2011

Les Rastelli dirigent l’un des fleurons de l’économie italienne. LEDA (Lait et Derivés Alimentaires) est un empire qui s’étend sur cinq continents.

Cependant, malgré sa puissance et sa solide implantation mondiale, l’entreprise est soumise aux lois d’un marché international sans pitié.

Dès lors que la forteresse se met à vaciller, il faut trouver des solutions de toutes sortes pour ne pas sombrer. Falsifications, corruption, appuis politiques feront écran pour conserver à LEDA les apparences d’une entreprise florissante un moment encore .

Mais, même dans le domaine des grandes entreprises, il faut mesurer les dépassements et ne pas mordre le trait, exagérément.

Or, pris dans la frénésie d’un sauvetage à tout prix, l’empire Rastelli sera allé trop loin avec une arnaque d’ampleur internationale.

Il n’est jamais inutile de rappeler que nos systèmes fonctionnent sur des rouages pervertis et que les arnaques sont souvent à la hauteur de l’importance des entreprises qui y ont recours.

Il n’est pas inutile non plus de rappeler cette précarité qui nous menace tous, et peut, du jour au lendemain, mettre sur la paille petits et gros, dès lors que le mécanisme broyeur est déclenché, que la carapace protectrice fait défaut.

Le film d’Andrea Molaioli est en tous points exemplaire pour illustrer la chute d’un empire de l’importance de LEDA ;

Le récit est parfaitement conduit, même s’il passe inévitablement par de nombreux clichés et des rebondissements attendus.

Le mécanisme narratif est huilé et les personnages sont chacun, à différents niveaux d’implication, engagés sur la ligne où les a placés un scénario conventionnel mais efficace.

Ce qui est bien montré dans "L’Empire des Rastelli", c’est le total aveuglement de ceux qui, se croyant des privilégiés à vie, étant mondialement connus et reconnus, sont capables de s’engager avec la plus grande inconscience dans des quitte ou double qu’ils savent perdus d’avance.

Ces grandes familles, qui sont apparues comme des forteresses inébranlables des décennies durant, peuvent, avec des candeurs d’enfant, commettre l’irréparable pour reculer l’échéance, ne fut-ce que pour un temps compté, et lorsque le couperet tombe, on les retrouve égarés, comme surpris au terme d’un long rêve.

Le film s’inspire de krachs financiers survenus ces dernières années. LEDA représente toutes ces sociétés qui ont fait du débit leur stratégie, et du faux bilan comptable un instrument.

Francis Dubois

 

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