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Un film de Héléna Klotz (France )

"L’âge atomique" Sortie en salles le 28 novembre 2012

Victor et Rainer effectuent "une virée" un samedi soir. Ils traversent Paris, font des rencontres, un passage en boîte, sont mêlés à une bagarre qui semble faire partie du rituel et à force de marcher, quittent la ville pour accéder à une forêt où, au cours d’une pause, ils se révèlent l’un à l’autre qu’ils s’aiment. Mais est-ce d’amour ? d’amitié ? La question reste posée quand ils reprennent leur chemin et qu’un nouveau jour se lève, plus prometteur ? Allez savoir !

Est-ce la maladresse d’une première réalisation qui a touché le jury du Prix Jean Vigo qui lui a attribué une des récompenses marquantes du cinéma ?Ou l’accumulation des maladresses, peut-on dire, ou un squelettique scénario qui ne brille pas par son originalité ? Ou encore, un traitement nonchalant ou une interprétation d’une rare pauvreté ???

La mise bout à bout de toutes ces insuffisances finissent-elles par créer une œuvre en devenant la peinture d’une jeunesse égarée dans notre monde contemporain ?

La déambulation nocturne de deux jeunes gens physiquement très différents dont la complicité ne saute pas aux yeux, pas plus qu’une amitié qui pourrait exister de longue date, contient peut-être l’essentiel du propos du film en filigrane, des éléments déterminants à lire entre les lignes.

"Il faudrait éteindre la ville, revenir au noir total. Ce serait un progrès" dit en substance Rainer. Tout le dialogue du film est à l’avenant, creux et pontifiant, véhiculé par des comédiens dont le talent tient de l’inexpressivité.

Mais il serait injuste de le leur reprocher puisque Héléna Klotz, réfractaire aux épreuves d’un casting ou d’essais, les a rencontrés dans la rue ou dans un bar et engagés malgré leur inexpérience, sur un coup de cœur.

Même si le film a été couronné à plusieurs reprises, s’il a obtenu le Prix Fipresci au Festival de Berlin 2012, le grand Prix du jury au Festival Premiers Plans à Angers 2012, le Prix Jean Vigo, il ne restera pas dans les annales comme l’œuvre témoin d’une époque, pas plus que comme un exercice de style convaincant.

Le titre du film n’apparaît qu’en fin de projection afin qu’à la lumière des images qui ont précédé pendant une heure dix, on lui découvre son sens…

Francis Dubois

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