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Un film de Grégory Magne et Stéphane Viard (France)

"L’air de rien" Sortie en salles le 7 novembre 2012

Grégory Morel a succédé à son père, huissier de justice. Il est devenu l’associé de Maître Max Paturel et exerce sa charge sans grande passion.

Son adolescence a été bercée par les mélodies de Michel Delpech. Or, le voilà un jour mandaté pour saisir le chanteur qui ne collectionne plus les succès depuis des décennies mais se retrouve débordé par les amendes impayées.

Ne pouvant se résoudre à confisquer les biens de l’ex-idole, il se met en tête de l’aider à rembourser ses dettes.

Grégory Morel ouvre son carnet d’adresses et entraîne Michel Delpech dans une improbable tournée en répertoriant discothèques en liquidation, brasseries en cessation de paiement, comités de fêtes à bout de souffle, autant de lieux où il pourrait se produire.

Le "manager" improvisé et le chanteur qui reprend goût aux rencontres avec un public vont se découvrir et être amenés à régler d’autres passifs.

Grégory Magne et Stéphane Viard n’ont pas réalisé un chef-d’œuvre, un film qui restera dans les annales du cinéma mais un petit récit sensible et touchant, qui va à son rythme et donne à l’ ex-chanteur Michel Delpech l’occasion de faire l’acteur avec un certain talent et un charisme que beaucoup de nos têtes d’affiches n’ont pas toujours.

La démarche n’a rien de biographique, ni de satirique à l’égard du chanteur. Il s’agit d’une fiction mais rien non plus n’interdit de penser qu’il y a un peu de vrai dans tout ça.

Et c’est cette ambiguïté qui donne au récit ce charme un peu nostalgique entre divertissement et tonalité pathétique.

Michel Delpech joue ce vieil ours solitaire plus très respectueux des règles administratives ou autres, dans son habitation, un joli domaine, qui porte ici et là les traces de sa gloire passée.

Le duo de cinéastes nous promène dans une campagne française charmante, nous familiarise avec l’existence de ces discothèques perdues au milieu des champs à la périphérie d’agglomérations, des manifestations festives qu’organisent des associations locales, de ces plateaux improvisés que viennent visiter un public d’occasion.

L’acharnement de Grégory Morel à sortir l’idole de ses parents du mauvais pas où il se trouve n’émeut pas le vieux bougon et c’est peut-être là que le film nous prend au piège de son récit. Un long cheminement sera nécessaire avant que les deux hommes se rapprochent l’un de l’autre, le temps pour l’un de se rendre compte qu’il avait fait fausse route en devenant huissier de justice et à l’autre de redécouvrir les plaisirs de la scène.

Aucun événement saillant dans cette narration qui prend son temps, mais quelques jolies séquences touchantes. On ne force pas le trait. On laisse le plaisir s’installer, l’humour et l’émotion prendre leur place.

On retrouve avec plaisir certaines mélodies qui ont contribué à la notoriété de Michel Delpech..

Tout cela est bien agréable à regarder et à entendre.

Francis Dubois

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