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Un film de Jan Schomburg (Allemagne)

"L’amour et rien d’autre" Sortie en salles le 18 avril 2012

Martha et Paul forment un couple apparemment sans histoires. Amoureux l’un de l’autre, ils connaissent une parfaite harmonie.

Lorsque Paul, chercheur dans le domaine médical, est affecté en France, à Marseille, Martha n’hésite pas à quitter son poste de professeur pour l’y rejoindre.

Mais, dès le moment où ils se seront quittés, Martha n’aura plus aucune nouvelle de Paul dont elle apprendra qu’il s’est suicidé en inhalant les gaz d’échappement de sa voiture.

Le mystère est total à propos du suicide. La lumière se fera quand elle découvrira que Paul lui avait menti sur de nombreux points et notamment sur ses diplômes médicaux qu’il n’avait jamais obtenus et sur sa nomination à Marseille qui était pure invention de sa part.

Martha fait face à la situation avec une force incroyable et c’est à travers cette maîtrise qu’elle conservera, malgré les mensonges et les mystères, malgré l’atteinte à la confiance qu’elle avait en lui, tout son amour pour Paul.

Un jour, elle rencontre Alexander. Il a, au moment précis où ils se croisent la première fois, un geste identique à celui que répétait Paul : ramener en arrière une mèche qui lui barrait le front. De ce fait, il s’opère en elle une sorte de superposition physique des deux hommes qui va la conduire à répondre aux approches d’Alexander, tombé amoureux d’elle.

Le sujet de départ n’est pas neuf : découvrir tout à coup que la personne qu’on croyait connaître était étrangère et que durant les années de vie commune, le mensonge avait accompagné les preuves d’amour, la complicité à chaque instant du quotidien.

Il y a peut-être, face à cette situation, deux façons de réagir, le rejet ou au contraire, un regain d’amour.

Martha choisit la seconde possibilité et Alexander, homme doux et attentionné, même s’il est très différent de Paul, se prêtera à son insu au jeu du caméléon.

Les qualités du film de Jan Schomburg reposent sur une construction extrêmement précise, découpée en périodes distinctes et sur un rejet de tout recours à la psychologie.

Le cheminement de Martha lui est dicté par une sorte d’instinct de reconduction et on n’en saura jamais plus sur le personnage de Paul et sur les raisons du déclenchement de l’engrenage. Quant à Alexander, il garde tout au long du récit sa même transparence.

" L’amour et rien d’autre" doit beaucoup à l’interprète de Martha, l’actrice Sandra Hüller qui a reçu pour son rôle, plusieurs prix d’interprétation largement mérités.

Elle rend parfaitement plausible cette carapace qui la fait échapper à la douleur du deuil sans que jamais la distance qu’elle place entre elle et les événements ne verse dans l’indifférence. La maîtrise dont elle fait preuve était-elle en réserve dans sa personnalité positive ou bien cette force s’est-elle imposée à elle afin de garder intact le souvenir de Paul et celui de leur amour ?

A l’image de Martha, le film est tout en retenue et pudeur.

Francis Dubois

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