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Un film de Vania Leturcq (Belgique-France)

"L’année prochaine" Sortie en salles le 24 juin 2015

Clothilde et Aude sont inséparables, complices et amies depuis la petite enfance. Elles vivent dans une petite ville de la province belge où elles ont leurs repères.

Pour "l’année prochaine", après le baccalauréat, Clothilde qui a hérité d’un appartement à Paris propose à Aude de la suivre et d’entamer dans la capitale une année d’études artistiques qui lui permettra de tenter l’entrée à l’École des Beaux-Arts.

Si Aude adore danser, rire et collectionner les aventures éphémères, Clothilde est une fille plus discrète et sans doute beaucoup plus solide.

L’année "parisienne" sera fatale aux ambitions artistiques d’Aude et Clothilde qui pensera avoir trouvé le compagnon idéal en la personne de Sébastien, son directeur d’études quadragénaire, verra elle, ses espoirs amoureux déçus.

Cinéma : L'année prochaine

" L’année prochaine " est l’histoire de l’effritement d’une amitié entre deux jeunes filles au moment où elles franchissent le cap de l’âge adulte.

Dans son déroulement insidieux, la lente progression de la rupture pouvait paraître prévisible.

L’accès à la maturité par ses exigences, par les choix qui s’imposent, est fatalement destructeur et de fêlure en fêlure, à chaque fois d’apparence inoffensive, se creuse le fossé face auquel les deux amies demeureront impuissantes.

Il y a dans la destruction d’une amitié d’adolescentes comme une part de consentement, comme une nécessité et le film de Vania Leturcq le montre bien.

Avec le recul, chacune prend conscience que la rupture était le passage obligé pour accéder à la maturité, laisser le libre accès aux aspirations profondes et s’ouvrir sur l’avenir.

Si le film de Vania Letrucq n’évite pas les clichés, si peut-être, il y puise sa force narrative, la progression dramatique est parfaite, irréprochable.

Pourtant, malgré toutes ses qualités, " L’année prochaine " souffre d’un manque, d’une faiblesse, difficiles à situer. Peut-être le récit est-il trop lisse et il y manque les signes de la méchanceté de la vie, la dimension d’une souffrance souterraine.

Il est possible que ce soit parce que le film livre trop les clés, qu’il renonce à une part de mystère, que les personnages sont trop immédiatement lisibles.

A cette réserve près, le film se laisse voir et les comédiens nous livrent des personnages attachants : Constance Rousseau, Jena Thian mais aussi Julien Boisselier, convaincant dans le rôle du professeur de fac solide et fragile, et Kevin Azaïs révélé l’année dernière dans " Les combattants" de Thomas Cailley.

Francis Dubois

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