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Un film de François Margolin (France)

"L’antiquaire" Sortie en salles le 28 janvier 2015

Esther, une jeune femme juive dont le mari est commissaire-priseur, décide un jour de partir à la recherche de la collection de tableaux volée à sa famille pendant la guerre.

Au fil d’une enquête où elle se montre de plus en plus pugnace, elle découvre que des membres de sa propre famille se sont faits complices de sombres tractations. En retour, ses recherches et les révélations douloureuses vont lui permettre de se rapprocher d’un père dont elle s’était beaucoup éloignée.

Le sujet, dont un des scénaristes est Jean-Claude Grunberg, méritait d’être traité au cinéma. Une fiction bien documentée, bien construite était une bonne façon d’éclairer un peu plus sur un problème dont on sait qu’il existe mais qu’on connaît mal.
culture/cinéma
François Margolin et les producteurs engagés dans l’aventure de ce film ont le mérite de l’avoir abordé, même si, au final, le résultat n’est, d’un point de vue cinématographique, pas toujours très convaincant. Le fil du récit aurait gagné à être traité avec un peu plus de rigueur, un peu plus de mystère.
A commencer par le personnage d’Esther (Anna Sigalewitch n’est pas en cause, elle s’en tire plutôt bien et affirme une belle force) dont on fait presque une héroïne de thriller et qu’on affuble du trench et du feutre de l’enquêteur pour l’occasion. La mise en scène relaie un récit avec une trop grande application et une volonté démonstrative un peu trop évidente, voire appuyée. Les personnages en arrière-plan sont à l’avenant et on n’ose à peine saluer le retour à l’écran de Fabienne Babe tant sa (courte) prestation est convenue
De la même façon on aurait aimé saluer la présence à l’image de Michel Bouquet et de Robert Hirch, mais la scène où on les regarde s’affronter dans un règlement de compte, se trouve réduite par un dispositif théâtral qui accuse leur vieillissement et leur difficulté à convaincre…

Pourtant, malgré toutes ces réserves, François Margolin réussit à garder le cap et le sujet des tableaux volés aux juifs pendant la guerre est traité.On aurait aimé qu’il le soit avec une plus grande maitrise qui aurait mieux soutenu le propos mais qui aurait surtout sorti les personnages d’une imagerie attendue.

Francis Dubois

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