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Un film de Robert Guédiguian (France)

"L’armée du crime" Sortie en salles le 16 septembre

Ce film important de cette rentrée, par la période qu’il traite et les utilisations que nous pouvons encourager les collègues à en faire avec leurs élèves, a déjà été brièvement annoncé par Micheline Rousselet en page 48 de l’US-Magazine de juin 2009. Le prochain numéro de l’Us-Magazine lui consacre une place importante en publiant un entretien avec un résistant, survivant du groupe Manouchian.
D’un point de vue cinématographique, les appréciations sur ce film sont diverses et nous publions un point de vue qui sera suivi d’autres (plus élogieux), pour alimenter le débat. En tout état de cause, un film à voir...
Philippe Laville -le 16/9/09

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Le cinéma français est décidément déconcertant. On croit le voir se renouveler avec bonheur avec des films inspirés comme le dernier de Christophe Honoré ou celui de Jacques Rivette ou "Rien de personnel", la comédie de Mathias Goralp, mais on déchante très vite quand on tombe sur celui de Robert Guédiguian. qui nous renvoie à la case départ avec un cinéma vieillot et pour le moins, académique.
Robert Guédiguian affirme qu’avec "L’armée du crime" qui raconte de façon très romancée l’épisode héroïque et douloureux du Groupe Manouchian , il a voulu faire "un cinéma national populaire en écho au Théâtre National Populaire de Jean Vilar". Veut-il dire par là qu’il veut mettre à la portée de tous un cinéma exigeant ?
En s’emparant de cette épisode de l’histoire où des jeunes gens arméniens, roumains, polonais, italiens et espagnols, juifs et communistes sont entrés en résistance contre l’occupant allemand et le collaborateur, Robert Guédiguian a voulu remettre dans les mémoires cet épisode tombé dans l’oubli, peut-être en même temps que s’est fait l’effacement progressif du Parti communiste français. Démarche louable certes, mais à la condition de ne pas en faire, comme c’est le cas ici, une espèce de roman-photos historique construit à partir d’un scénario trop romancé, avec plus qu’il n’en faut de courage, d’amitiés franches et fraternelles, de bons sentiments et de trahisons trop vite prévisibles… SNES_LArmeeDuCrime
Le film tel que l’a conçu Grédiguian et ses deux co-scénaristes Serge Le Perron et Gilles Taurand, non seulement ne sert pas l’épisode historique mais le réduit à une mise en images falote et à une reconstitution de l’époque appliquée (la cour d’immeuble qui regroupe les corps de métiers et le poulailler sont d’une naïveté déconcertante).
Le couple Manouchian est exemplaire de courage et de détermination et Virginie Ledoyen condamnée à limiter son jeu à une palette de sourires. Simon Abkarian trouve son inspiration de poète dans les paysages fluviaux et Ariane Ascaride endosse sans surprise son personnage de mère juive angélique. Restent les jeunes gens. Robinson Stévenin, Grégoire Leprince-Ringuet et Adrien Jolivet ont sans doute la fougue et l’audace des personnages de Tayman, d’Elec et de Krasucki mais là encore, la ferveur dont ils font preuve se dissout dans l’alignement appliqué des seuls faits saillants constituant l’essentiel du récit.
Faut-il ne voir que la démarche louable de la remise en mémoire d’un épisode oublié et laisser de côté le traitement du récit ? Après tout, si le film en l’état, utilisé comme un outil pédagogique, peut servir à éveiller de jeunes consciences somnolentes…
Francis Dubois

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