Actualité théâtrale

Théâtre du Rond-Point. jusqu’au 6 octobre 2012

"L’atelier volant" Partenaire Réduc’snes

"L’atelier volant"
Texte et mise en scène de Valère Novarina

" L’atelier volant " est la toute première pièce qu’a écrite en 1971, Valère Novarina.

La première mise en scène de Jean-Pierre Sarrazac fut donnée à Suresnes en 1974. Cette fois-ci, sur le plateau de la salle Renaud-Barrault du Théâtre du Rond-Point, elle est de l’auteur lui-même.

Quarante années plus tard, pas un mot n’a été changé (pas une syllabe) et même si quelques coupes ont été opérées, le texte qu’on entend est resté à l’identique.

Sur scène, un trio patronal constitué de monsieur Boucot, madame Bouche et du docteur.

Face à eux, cinq ouvriers fabriquent de mystérieux objets voués à la destruction (?).

Le rythme de production doit être soutenu, voire accéléré, sans pour autant que les salaires n’augmentent.

Car, se plaint monsieur Boucot, quand la production augmente, c’est l’exportation des objets qui devient problématique.

Les employés contestent mais bientôt, apparaît sous la lutte des classes, la lutte des langues.

Le langage de l’un devient incompréhensible à l’autre.

Tous les thèmes qui apparaîtront dans les pièces suivantes de Valère Novarina existent dans celle-ci à l’état primitif.

Le premier constat qu’on peut faire à l’écoute de "L’atelier volant " c’est que, depuis quarante ans, le monde n’est pas allé dans le bon sens et que s’il a changé, c’est qu’il a empiré.

Le texte décrit le fonctionnement, avec ses métamorphoses et ses mutations, d’une petite entreprise "familiale" où cependant, les ouvriers n’ont pas de nom (ils sont immatriculés A,B,C,D,E) et où l’équipe de direction oscille entre paternalisme, rigueur et intransigeance.

" L’atelier volant " est une pièce didactique constituée de séquences récurrentes, voire répétitives. Et si le constat politique existe bien chez Novarina, l’intérêt est surtout dans le texte lui-même, dans la façon dont est conduit, traité le langage, depuis une limpidité basique jusqu’à une langue inventée, incompréhensible, même si certaines sonorités familières, peuvent servir de repères.

Le spectacle est drôle, parfois cocasse. Les situations absurdes s’imbriquent parfaitement. Le décor et les costumes s’apparentent au domaine du cirque et les comédiens bondissants, gesticulants, expressifs, ont des airs de clowns.

Pourtant, il n’est pas certain qu’avec ce parti-pris de mise en scène, Valère Novarina ne trahisse pas son texte lorsque son souci de maintenir un rythme effréné fait basculer le spectacle dans une agitation où l’on se perd un peu et qui va jusqu’à "faire désordre".

Le public rit souvent et on aimerait savoir de quoi. Est-ce du texte qui fait écho à notre époque, des situations burlesques isolées du contexte, du jeu parfois outré des comédiens ?

Car "L’atelier volant " est-il bien, dans le fond, un texte "à rire" ?

Francis Dubois

Théâtre du Rond-Point, 2 bis Avenue Franklin Roosevelt 75 008 Paris

www.theatredurondpoint.fr

Réservations (partenariat Réduc’snes tarifs réduits aux syndiqués Snes mais sur réservation impérative) : 01 44 95 98 21

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