Actualité théâtrale

Jusqu’au 28 novembre au Théâtre du Lucernaire

« L’autre Galilée »

Après avoir consacré un spectacle à Caravage « qui a bouleversé la peinture », Moi, Caravage, Cesare Capitani s’attache à Galilée qui a révolutionné la science et bouleversé la vision de l’univers. Mais qui était Galilée ? Si tous s’accordent à reconnaître son génie, certains le jugent lâche car il a abjuré tandis que d’autres considèrent plutôt qu’il fut un homme avisé qui préféra l’abjuration à la mort sur le bûcher, mais qui ne capitula pas pour autant. En relisant les lettres de Galilée, Cesare Capitani, auteur et acteur de la pièce, a eu la vision d’un homme génial avec ses petites vanités et ses lâchetés, capable d’intriguer pour parvenir à ses fins mais surtout un homme épris de liberté dans ses idées comme dans sa vie qui prônait la séparation entre foi et religion. Et si Galilée n’a jamais dit « Et pourtant elle tourne », il a par contre écrit « La bible nous apprend comment on va au ciel et non comment va le ciel », ce qui trouve toujours un écho aujourd’hui !

Théatre : L'autre Galilée

Avec des papiers couverts d’écriture au sol, la musique d’Antonio Catalfamo, un bougeoir, une coupe de fruits et une sphère de verre l’acteur nous entraîne dans la vie de Galilée. Il raconte les observations de Galilée, ses découvertes, comment il s’est de plus en plus détaché de la théorie géocentrique d’Aristote pour se rapprocher de la théorie héliocentrique de Copernic et comment, ce faisant, il s’est vu condamner par l’Église. Il montre un homme qui n’a pas souhaité être un héros et finir sur le bûcher comme Giordano Bruno, mais un homme de la Renaissance, diplomate, capable de chercher l’appui des puissants sans jamais renoncer à ses recherches, un homme avec ses ambitions et ses faiblesses.

Cesare Capitani est Galilée mais aussi le narrateur ou le grand Inquisiteur. Il présente sa vie de façon vivante. Avec deux feuilles de papier, il illustre la fausseté de la théorie sur la chute des corps qui dominait à son époque ; lentille à la main il rappelle comment Galilée, utilisant une découverte hollandaise, a inventé une lunette astronomique dont il a su vanter les mérites au Doge de Venise, s’assurant ainsi sa protection. Il le montre au sommet de sa carrière puis à la fin de sa vie faisant le constat que la vieillesse lui a fait perdre son insolence.

La révolte de Galilée contre ceux qui veulent étouffer la raison, qui condamnent une théorie sans même l’avoir expérimentée ainsi que toute découverte qui contreviendrait aux textes sacrés résonne toujours aujourd’hui. C’est un combat toujours vivant que porte avec talent ce spectacle.

Micheline Rousselet

Du mardi au samedi à 19h

Théâtre du Lucernaire

53 rue Notre Dame des Champs, 75006 PARIS

Réservations (partenariat Réduc’snes tarifs réduits aux syndiqués Snes mais sur réservation impérative) : 01 45 44 57 34

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