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Un film de Tizza Covi et Rainer Frimmel (Autriche)

"L’éclat du jour" Sortie en salles le 12 février 2014.

Philipp, comédien de théâtre, multiplie les rôles et se produit sur le plateau de salles prestigieuses à Vienne ou Hambourg. Passionné par son travail, il lui consacre la majeure partie de son temps.

Un jour, il trouve devant sa porte son oncle Walter, un ancien artiste de cirque qu’il n’a presque jamais connu. Il accepte de l’héberger pour un jour ou deux, mais poussés l’un et l’autre à mieux se connaître, ils vont cohabiter plus longuement.

Walter devient le répétiteur de Philipp pour la mémorisation de ses textes mais également le baby-sitter des enfants de Viktor, un voisin immigré dont la femme est retenue à l’étranger, faute de papiers en règle.

Philipp est un acteur de théâtre qui joue son propre rôle dans le film, et Walter, un vrai artiste de cirque venu tardivement au cinéma.

Il est probable que leur présence authentique et la coloration documentaire qui en résulte donnent au film de Tizza Covi et Rainer Frimmel une ouverture qui bouscule totalement la banalité d’un sujet souvent traité au cinéma, celui de la mise en présence de deux êtres qui n’ont guère de point commun et pourvus l’un et l’autre d’une forte personnalité.

Quand il ne répète pas au théâtre ou n’apprend pas un nouveau rôle, Philipp s’enferme dans la cabine d’un photomaton où il se met, seul, face à lui-même, en représentation.

Sortira-t-il de cet univers cadenassé pour porter un regard sur le monde qui l’entoure et prendre conscience que la vie n’est pas qu’un spectacle ?

Walter, vieux loup solitaire qui a quitté le métier du cirque quand il n’a plus été de taille à se mesurer à un ours ou quand sa main, moins sûre, n’a plus maitrisé le lancer de couteaux, avait-il des disposition pour s’occuper de deux jeunes enfants et assez de générosité pour enfreindre la loi, et aller chercher dans une camionnette maquillée en roulotte de cirque, la femme de Viktor ?

Il est certain que ni l’un ni l’autre n’aurait changé quoique ce soit dans sa vie, s’ils ne s’étaient pas rencontrés.

Et au bout du compte, il n’y a plus d’oncle et neveu, mais deux êtres qui sont dorénavant plus ouverts aux autres.

Au départ, le film ne paie pas de mine et on se prend à penser qu’on va suivre une histoire traitée par petites touches narratives, sensibles et justes, mais rien d’autre.

C’est vrai mais lorsque le récit s’est amplifié, qu’il s’est fortifié, on est à la recherche des moments qui ont conduit à cette bascule et on ne trouve rien d’autre que de courtes séquences reconduites.

On est agréablement troublé par la façon simple dont est conduit le récit, émus quand on se trouve pris au piège s’une vaste histoire humaine, exemplaire certes, mais menée de main de maître, et de façon très sensible.

Francis Dubois

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