Actualité théâtrale

Au Théâtre du Rond-Point

"L’éloge du réel" et "Ordet" en septembre - octobre

Christian Paccoud s’est produit sur les scènes des cabarets parisiens dans les années 80 aux côtés de Maurice Fanon et Alain Féral. En 1996 son chemin croise celui de Valère Novarina au moment de la création du "Repas". Ce travail marque le début d’une collaboration d’une douzaine d’années au cours desquelles Christian Paccoud composera les chansons de tous les spectacles de Valère Novarina qui vont suivre : "L’Acte inconnu", "L’espace furieux"," La scène", "L’origine rouge" et "L’Opérette imaginaire".
"L’Eloge du réel" est constitué de chansons extraites de toutes ces pièces. Elles sont mises bout à bout et forment une chanson quasi continue d’une heure et quart selon un montage subtil qui joue autant sur l’harmonie que sur les ruptures.
Christian Paccoud qui s’accompagne à l’accordéon, trouve avec les interventions ponctuelles, souvent imprévisibles et toujours drôles de quatre chanteuses, un complément heureux à sa performance. Le chœur qui est sur scène et qui fait face au public regroupe des chanteurs qui participent à un atelier d’Ivry qu’il a créé et dirige lui-même.
"L’Eloge du réel", sous son premier abord bon enfant, est un spectacle exigeant qui communique très vite sa bonne humeur. C’est drôle, enlevé, bien rythmé, suspendu dans un déséquilibre entre le plaisir immédiat et la complexité de l’écriture savoureuse de Valère Novarina.
Mise en espace, musique et direction du chœur : Christian Paccoud. Paroles : Valère Novarina. Jusqu’au 26/9.

"Ordet" de Kaj Munk, adaptation de Marie Darrieussecq et Arthur Nauzyciel. Mise en scène d’Arthur Nauziciel. Jusqu’au 10 octobre
Comment, face à la mort, une communauté humaine, s’interroge sur Dieu et sur l’amour ? Un questionnement dont on doute à priori qu’il puisse s’adresser à un public contemporain mais qui, peut-être, par les effets conjugués d’une adaptation audacieuse et convaincante, de la mise en scène maîtrisée de Nauzyciel et d’une interprétation de haute tenue, produit une proximité de l’œuvre de Kaj Munk avec nos interrogations. Et c’est à notre part d’enfance que la pièce fait appel quand elle nous confronte au miracle d’une résurrection.
Le film que Dreyer en a tiré est une œuvre austère, peu dialoguée. L’adaptation de M. Darrieussecq et A Naucyciel est beaucoup plus aérée, bavarde, souvent drôle et parfois triviale. Les dialogues sont limpides. Les comédiens s’en emparent. La force du drame et la part de légèreté nous embarquent avec eux dans un dédale d’impressions contrastées avant de toucher au fantastique de la résurrection.
Pascal Gregory fait, dans "Ordet" une composition époustouflante, parfois ébouriffée, gesticulante, mais toujours tellement maîtrisée. Il exprime tout à la fois la force et la fragilité de son personnage, le volume, la grandeur l’effondrement et le cocasse… C’est magnifique !
Aucun des autres comédiens n’est en reste. Frédéric Pierrot joue la force terrienne avec humilité, et Xavier Gallais qui n’avait pas la tâche facile en interprétant Johannes, le frère qui se prend pour le messie, réussit à trouver un équilibre entre débordement, sobriété et pathétique. Tous seraient à citer.
Le spectacle fut crée à Avignon, au cloître des Carmes le 5 juillet 2008.
Francis Dubois

Théâtre du Rond-Point
2bis Avenue Franklin Roosevelt
75 008 Paris
Réservations (partenariat Réduc’snes tarifs réduits mais sur réservation impérative) : 01 44 95 98 21
Ensemble de la programmation : voir notre présentation ou
www.theatredurondpoint.fr

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