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Un film d’Olivier Coussemacq (France)

"L’enfance du mal" Sortie en salles le 12 mai 2010

Sa mère purgeant une peine de prison, Céline, quinze ans, a été placée dans une famille d’accueil. Poussée trop vite et de nature rebelle, l’adolescente a fui de chez ses tuteurs et a élu clandestinement domicile dans les dépendances d’une maison bourgeoise, propriété du juge Van Eyck et de son épouse. Une nuit, Céline est découverte...
Le sujet n’est pas neuf et dès le départ le récit fourmille déjà de clichés. Les personnages sont attendus, chacun est à sa place, vêtu comme il convient, parlant comme il faut et ni Pascal Greggory, tellement magnifique chez Doillon, ni Ludmilla Michael comédienne chevronnée, ne parviennent à donner le moindre relief à leur personnage et on se demande comment un juge, dont la fonction est de faire respecter la loi, peut commettre l’erreur de garder sous son toit une mineure fugueuse.
Et à partir de ce parti pris bancal, le scénario distille son lot de révélations qui n’en sont pas et nous amène jusqu’à ce qui était prévisible : le juge, qui est un homme faible et plutôt timoré finit par tomber dans le filet et par céder aux avances de l’adolescente délurée. On saura par la suite que si le couple n’a jamais eu d’enfant, c’est parce que lui est stérile et que si la mère de Céline est en prison, c’est qu’à la suite d’un jugement à la hâte, le juge Van Eyck s’est prononcé pour un peine excessive à son égard… Et pour conclure, on sort du chapeau un personnage qu’on tenait en réserve, le petit ami de Céline qu’on avait affublé dans les deux ou trois scènes où il apparaissait, d’un comportement bizarre…
La faiblesse d’une certaine frange du cinéma français tiendrait-elle à la maladresse des scénarii. Dans le cas de "L’enfance du mal" la faiblesse du scénario vient du fait qu’il est surchargé, bourré d’appendices narratifs superflus qui finissent par ensevelir les personnages qui ne demandaient qu’à exister et qui, peut-être, avaient une chance d’y parvenir si on ne les avait pas cantonnés dans des archétypes. On a chargé le scénario à bloc pour être sûr de pouvoir donner une justification aux réactions de chacun. Le juge Van Eyck est-il tombé sous le charme de Céline dès le premier regard échangé ou bien son indulgence et l’entorse qu’il fait à la loi à cause d’elle, auraient-ils pour origine sa souffrance de ne jamais avoir eu d’enfant ? Pourquoi Nathalie Van Eyck fait-elle preuve d’autant d’indulgence vis à vis de Céline qui représente une menace pour son couple et pour l’intégrité professionnelle de son époux ? N’est-ce pas pour les mêmes raisons…
Secret de polichinelle. L’émotion n’est jamais là et la révélation finale de la vraie personnalité de Céline tombe à plat.
Dommage car Anaïs Desmoustier campe, elle, malgré tout, une Céline crédible, inquiétante jusque dans la douceur. Elle sort quasiment indemne d’une entreprise chaotique qui, sans doute ne marquera pas, avec sa sortie sur les écrans, la cuvée 2010 du cinéma français.
Francis Dubois

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