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Un film de Ursula Meier (France-Suisse)

"L’enfant d’en haut" Sortie en salles le 18 avril 2012

Simon, un garçon d’une douzaine d’années, vit avec sa sœur Louise dans la plaine industrielle que surplombe une station de ski de grande renommée.

A la pleine saison, empruntant la petite télécabine qui fait la navette, il rejoint la station où derrière un accoutrement de skieur, il vole les skis, les équipements et autres lunettes de marque aux riches touristes, des objets qu’il écoule ensuite auprès des enfants de son quartier ou par l’intermédiaire d’un jeune employé de restaurant qui a surpris son manège.

Son commerce lui permet de gagner de l’argent qu’il donne, pour une grande partie, à sa sœur qui vient de perdre son travail et mène une existence dissolue et qui devient, petit à petit, financièrement dépendante de lui.

Après avoir réalisé "Home" en 2008, son premier long métrage de fiction qu’elle définit comme un film horizontal parce que l’action se situait sur une portion d’autoroute désaffectée où avait élu domicile une famille de marginaux, Ursula Meier réalise un film qu’elle définit comme vertical parce qu’il est rythmé par les allées et venues de Simon, entre le haut et le bas, la plaine industrielle et la station de ski dans la montagne.

Pour "L’enfant d’en haut" Ursula Meier s’est inspirée d’un souvenir d’enfance.

Originaire du Jura, il était très fréquent qu’elle aille en famille ou en groupe, skier dans la station voisine. Elle y avait remarqué la présence d’un jeune adolescent qui skiait mal mais n’hésitait pas à se lancer sur toutes les pistes. Or, un jour, elle apprit que ce garçon avait été interdit de station parce qu’il avait été surpris en train de voler les touristes pendant qu’ils étaient au restaurant.

Le personnage de Simon est celui de quelqu’un qui, en dépit de son jeune âge, veut s’élever à tous les sens du terme, une élévation physique, sociale et financière.

Alors que la plaine, sa zone industrielle, ses barres d’immeubles, ne sont que neige fondue, boue et brouillard, le haut apparaît comme un endroit protégé où la neige reste immaculée, où la richesse se déchiffre à travers les hôtels de standing, les voitures de luxe, les équipements sportifs onéreux.

Simon y évolue en catimini derrière ses lunettes, ses casques et ses anoraks volés. Il est encore un petit enfant mais il est aussi, par la ruse dont il fait preuve, son talent du négoce, un adulte précoce.

Le personnage de Simon, même s’il est extrêmement travaillé, s’épuise vite. Au moment où le récit devient un peu répétitif, Ursula Meir apporte, pour relancer l’intérêt, une révélation qui s’avère un peu inutile et dont elle ne fait finalement pas grand-chose.

Si le récit est un peu monotone, le film a beaucoup de charme. La photo d’Agnès Godard est très belle et le soin apporté au personnage de Simon donne de la vibration à l’histoire. On pourra voir, puisqu’ils sortent à un mois d’intervalle, "Les Adieux à la Reine" et "L’enfant d’en haut" pour mieux prendre la mesure du talent délicat, feutré mais efficace de Léa Seydoux.

Francis Dubois

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