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un film de Barmak Akram (France / Afghanistan)

"L’enfant de Kaboul" Sortie en salles le 29 avril

Lorsque Khaled, chauffeur de taxi à Kaboul, découvre que la femme voilée qui vient de descendre de son véhicule y a abandonné son enfant, son premier réflexe est de se débarrasser de cet encombrant colis. Au fil des trente six heures que le chauffeur de taxi et le bébé vont vivre ensemble, de nouveaux liens se tisseront entre l’adulte et l’enfant.
Barmak Akram, réalisateur, plasticien et documentariste exilé en France depuis 1981, est retourné dans son pays pour réaliser son premier long métrage. "Je voulais faire un film documentaire qui montre les dégâts de 25 années de guerre, autant par les Russes que par les Américains, un peu à la manière du néo réalisme italien. J’ai profité de ce décor abimé par la guerre pour l’enregistrer dans l’Histoire dans le cadre d’une fiction".
C’est une ville grouillante et bruyante que Khaled nous fait visiter. Marché, commissariat, orphelinat, radio, siège d’ONG, présentés avec une précision quasi documentaire, sont autant d’étapes dans les déambulations du chauffeur de taxi. Si la ville et ses infrastructures sont présentées avec beaucoup d’humour, le cinéaste n’oublie pas de témoigner de la vie familiale et des profondes différences qui marquent le statut social des hommes et des femmes. La mère de l’enfant, cachée derrière le grillage de son tchadri, n’a pas de visage et la femme de Khaled n’a pas de nom. Pour elle qui n’a su donner naissance qu’à des filles, ce rejeton mâle, objet d’attention de toute la famille devient au fil du récit, le garçon qu’elle n’a jamais eu. SNES_EnfantDeKaboul
Et si le film peut faire penser au "Kid" de Charlie Chaplin c’est par le sujet mais aussi par le traitement et par l’omniprésence du bébé à l’image. Scène drôle quand Khaled prépare le premier biberon, absurde quand cinq femmes, toutes voilées, prétendent être la mère de l’enfant ou touchante quand au dernier plan, l’enfant adresse un clin d’œil complice à la caméra.
Ce film, dont le scénario a bénéficié de la participation de Jean-Claude Carrière et les dialogues de celle de Atiq Rahimi, nous donne envie de voir cet enfant et ce pays grandir, se développer et s’émanciper.
Francis Dubois

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