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Un film de Rok Bicek (Slovénie)

"L’ennemi de la classe" Sortie en salles le 4 mars 2015.

Sur le point de partir en congé de maternité, Nusa qui enseignait l’allemand à une classe de lycée présente à ses élèves le professeur qui va lui succéder.

Autant Nusa était proche de chacun des adolescents, autant Robert Zupan semble adepte d’une grande rigueur vis-à-vis des jeunes gens.

Les élèves non habitués à une pédagogie laissant peu de place à l’affectif vont faire front contre leur nouvel enseignant, allant jusqu’à le traiter de nazi.

C’est au moment où l’hostilité grandit contre Robert Zupan dont les convictions semblent inébranlables, que Sabina, la plus secrète et mystérieuse de la classe, se suicide.

La mort de leur amie, dont ils rendent leur professeur en partie responsable, ne fera qu’augmenter l’hostilité des élèves à son égard.

L’escalade des provocations laisse les autres enseignants de l’établissement impuissants et la situation devient très vite insoutenable.

Cinéma : l'ennemi de la classe

Qui de Nusa, enseignante proche de ses élèves, attentive et bienveillante ou de Robert Zupan qui laisse peu de place à l’écoute, rigoureux, exigeant, dispense la pédagogie qui convient le mieux pour amener des jeunes gens à devenir des adultes épanouis et responsables ?

La manière de se comporter de Nusa vis-à-vis de ses élèves est confortable, les retours dont elle bénéficie sont flatteurs et elle peut transmettre son savoir dans un climat serein et de pleine confiance.

Zupan, lui, n’attend de ses élèves aucune reconnaissance immédiate. Ses méthodes d’enseignement visent le long terme, en même temps que l’acquisition des connaissances, le modelage des personnalités rodées à l’exigence, à la rigueur.

" Vous pouvez enlever deux points aux notes q ue vous aviez précédemment " n’hésite-t-il pas à dire à ses élèves, dénonçant la notation trop généreuse de sa collègue.

L’essentiel du propos du film de Rok Bicek est dans la confrontation de ces deux pédagogies contrastées.

Lorsque Nusa est appelée en renfort pour détendre le climat de tension, l’aura qu’elle avait auprès de ses élèves s’est dissipé et son passage dans la classe est un cuisant échec.

A l’inverse, il n’est pas dit que les élèves, avec un recul d’une année ou deux, ne reconnaîtront pas les qualités pédagogiques de Zupan et leurs bienfaits.

Le film de Bob Bicek aurait dû se limiter à traiter de ce sujet et de se débarrasser de tous le surplus narratif. Le suicide de Sabina n’était sans doute pas nécessaire et il aurait été plus intéressant de s’en tenir au conflit opposant le professeur et ses élèves, d’analyser plus en profondeur le phénomène. Car, à force de digressions attractives chargeant le récit, le sujet central finit pas se déliter et la démonstration devient insistante.

Voilà un film qui pourrait donner lieu à des débats intéressants sur les différents types de pédagogie et leurs retombées.

Francis Dubois

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