Nouvelles internationales

L’enseignement en Grèce est au bord de l’effondrement

Lettre au Ministre de l’éducation de Grèce

Monsieur le Ministre,

Au nom du SNES-FSU, Syndicat national des enseignements de second degré, nous souhaitons exprimer notre vive inquiétude par rapport aux développements récents en Grèce et vous encourager à agir personnellement afin d’aider les enseignants qui sont confrontés à des emprisonnements ou des licenciements en raison de leur opposition aux politiques de leur gouvernement.

L’ordre de « mobilisation civile » émis récemment par votre gouvernement empêche les syndicats d’exercer leur droit de grève. Cette décision entrave manifestement les libertés civiles fondamentales et les droits démocratiques.

Il nous semble que votre vision politique ne consiste pas à rester inerte face à l’injustice. Nous vous encourageons donc vivement à condamner le fait que l’enseignement en Grèce ait fait l’objet de mesures draconiennes au cours des trois dernières années, notamment une réduction des dépenses publiques de 33% dans le domaine de éducation (2009-2012) – réduction qui devrait atteindre les 47% d’ici 2016 – ainsi qu’une diminution de 12% des salaires des enseignants. On dénombre également des fermetures d’écoles, la suppression des structures de soutien à l’éducation ainsi que la perte de 32 000 heures de cours par semaine d’ici la fin de l’année scolaire en raison d’une pénurie d’enseignants.

À Pâques, lorsque les écoles étaient fermées, votre gouvernement a pris des mesures draconiennes :
- Licenciement de 10 000 enseignants suppléants à partir de septembre
- Transfert obligatoire d’enseignants titulaires aux quatre coins du pays.
- Augmentation des heures de cours de 2 à 5 heures, entraînant une redondance de certains enseignants qui, dès lors, sont exposés au licenciement.
- Davantage de fermetures et de fusions d’écoles avec une augmentation du nombre d’élèves par classe.

Le syndicat OLME vous a invité à deux reprises à ouvrir le dialogue, une fois avant et une fois après que ces mesures ont été votées.

OLME a demandé l’annulation de ces mesures jusqu’à ce qu’un dialogue public ait lieu et a invité le ministre de l’éducation à s’engager publiquement à mettre fin aux licenciements. Aucun dialogue avec les enseignants n’a été engagé.

L’avenir de l’Europe repose sur une éducation de qualité et la Commission européenne a d’ailleurs placé l’éducation parmi les cinq grands objectifs de l’initiative Europe 2020. Dans de nombreux documents, la Commission souligne l’importance du secteur de l’éducation. Comme indiqué dans la Communication de la Commission intitulée « Repenser l’éducation », l’éducation est « un atout stratégique déterminant pour la croissance » et « la Commission fera en sorte que la contribution de l’éducation et de l’investissement dans les compétences à la croissance et à l’emploi soit pleinement prise en compte dans le Semestre européen ». En tant que membre de la Troïka, la Commission européenne a une grande influence sur les décisions prises par votre gouvernement et est, dès lors, en partie responsable de cette situation.

Pour que la Grèce puisse disposer d’un système éducatif de qualité, il faut mettre un terme à l’austérité. Les enseignants, qui permettent d’assurer que les enfants et élèvent grecs aient un avenir, ne devraient pas subir des mesures d’austérité aussi sévères.

Nous apprécierions votre engagement personnel dans ces questions et vos efforts en vue d’endiguer la régression démocratique dans votre pays.

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