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Un film de Jack Arnold.(Etats Unis)

"L’étrange créature du Lac Noir" Sortie en salles le 7 novembre 2012

Au début des années 50, la firme Universal a épuisé tous les filons de l’âge d’or du cinéma fantastique.

A la recherche de nouveaux monstres qui pourraient intéresser les spectateurs devenus plus exigeants après avoir vécu les atrocités de la seconde guerre mondiale, commence la vague des animaux géants qui, aux côtés de Godzilla réveillé par les essais nucléaires, voit araignées, crabes ou fourmis mutantes jetés sur des foules en panique.

Parmi toute cette faune, un seul entre tous se hissa au rang des mythes de l’âge d’or de la Universal. Les français le nommèrent banalement "Créature" tandis que Hollywood le baptisa " Gillman " (l’homme branchie).

C’est à Jack Arnold que fut confié la réalisation de " L’étrange créature du Lac Noir ".

Celui- ci venait de signer " Le météore de la nuit " – illustration du thème des extra-terrestres non belliqueux- et allait connaître le succès avec " L’homme qui rétrécit ".

Le film débute par la découverte d’une main fossilisée appartenant à une espèce éteinte. Pour tenter de retrouver le fossile, une expédition est constituée, comprenant entre autres un riche mécène amateur de chasse, un paléontologue, tous deux amoureux de l’assistante du chef de mission. Le Gillman, dont la civilisation saccage l’écosystème, découvre l’amour et la sexualité en apercevant la jeune fille dans les eaux claires du Lagon.

Julie Adams en maillot une pièce effectue une nage que n’aurait pas reniée Esther Williams, alors que sous elle et la regardant, la Créature suit tous ses mouvements. Ce grand moment de poésie érotique est magnifié par l’usage de la 3D.

Le relief, s’il donne un aspect théâtral à l’image – comme lorsque l’on regarde un ancien livre en relief- , fait merveille dans les séquences sous-marines. Les amateurs de " La dernière séance " de FR3 se rappelleront que le 19 octobre 1982, la télévision française se livra, avec le film de Jack Arnold, à la première projection en relief de son histoire.

Si le résultat ne fut pas à la mesure des espérances, il offrit au film une place de choix dans la mémoire des téléspectateurs de l’époque qui le virent avec des lunettes "deux couleurs".

Aujourd’hui, la société Carlotta permet de le visionner dans de très bonnes conditions, avec des lunettes polarisantes pour lesquelles le film a été conçu.

Le mot de la fin sera laissé à Marilyn Monroe qui disait à propos du Gillman :.

"Il faisait peur à voir, mais il n’était pas si mauvais. Je pense qu’il avait seulement besoin d’affection, il voulait qu’on l’aime et qu’on le désire.

C’est un point de vue intéressant, lui répond son partenaire Tom Ewel

Vous sentez le souffle du métro ? N’est-ce pas délicieux ?"

Et c’est ici que la robe de Marilyn se soulève.

Francis Dubois

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