Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

Un film de Ciro Guerra (Colombie)

"L’étreinte du serpent" Sortie en salles le 23 décembre 2015.

Karamakate est un chaman amazonien puissant, le dernier survivant représentant de son peuple.

Il vit isolé dans les profondeurs de la jungle.

Des années d’isolement ont fini par faire de lui un "Chullachaqui", un être dépourvu de souvenirs et d’émotions.

Sa vie va se trouver bouleversée le jour où se présente à lui Evans, un ethnobotaniste américain à la recherche de la Yacruna, une plante sacrée dont une des vertus est d’apprendre aux hommes à rêver.

D’abord réticent puis sensible à la nature des recherches qu’à entreprises Evans, Karamakate accepte de l’accompagner et de faire avec lui, en pirogue, un voyage jusqu’au cœur de la forêt amazonienne.

Au cours de ce long périple, passé, présent et futur vont, en se confondant, permettre à Karamakaate de retrouver ses souvenirs perdus.

Le récit est inspiré des journaux d’expédition des premiers explorateurs de la forêt amazonienne, l’ethnologue allemand Theodor Koch-Grünberg et le biologiste américain Richard Evans Schultes et passe par une narration entre deux temporalités différentes.

Cinéma : l'étreinte du serpent

L’idée du film est née de la curiosité que le réalisateur nourrissait pour l’Amazonie colombienne, ce territoire dont la moitié était une terre inconnue, souvent réduit à une réalité partielle, la cocaïne, la drogue, les indiens, les rivières, la guerre.

Généralement, la règle veut que ce soit les explorateurs qui racontent leur expérience.

La particularité du film de Ciro Guerra est d’être réalisé selon le point de vue des indiens qui, une fois n’est pas coutume, ne sont pas dépeints comme des sauvages sans intérêt.

La bonne idée est d’avoir tourné ce film d’une grande ampleur, dont le décor est la jungle amazonienne luxuriante, en noir et blanc. La couleur, paradoxalement, en insistant sur la beauté des lieux, la densité de la végétation, aurait d’évidence banalisé ce foisonnement.

Le noir et blanc donne une autre profondeur aux paysages de la jungle et une brillance singulière aux images aquatiques.

" L’étreinte du serpent " est le premier film de fiction tourné en Amazonie depuis plus de trente ans. C’est aussi le premier film de fiction colombien ayant pour personnage principal un indien ; le premier film raconté du point de vue des sociétés ancestrales et dont le récit s’étale sur plusieurs régions du pays mettant en valeur la variété de faune, de flore et de biodiversité et rendant hommage aux centaines de langues, rites, coutumes et croyances de ces indiens dont un grand nombre a disparu sous l’assaut des colons…

"L’étreinte du serpent " fait du spectateur, un explorateur.

C’est dans le paysage cinématographique actuel, une parenthèse singulière et dépaysante, un beau voyage à travers la jungle amazonienne.

Francis Dubois

Autres articles de la rubrique Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

  • « Trois étés »
    Chaque année, Edgar et Marta qui appartiennent à la classe de la finance du Brésil organisent une grande fête dans la luxueuse résidence d’été qu’ils possèdent près de Rio de Janeiro. La réception est... Lire la suite (9 mars)
  • « La bonne épouse »
    Paulette Van Der Beck est la directrice d’une institution pour jeunes filles dont l’enseignement se résume à faire d’elles de futures parfaites épouses et maîtresses de maison. Ce genre d’établissement... Lire la suite (9 mars)
  • « Les visages de la victoire »
    Elles s’appellent Cherifa, Aziza, Janiaa, Mimouna. Ce sont des femmes de l’ombre, de celles à qui on donne rarement la parole. Femmes d’immigrés de la période des trente glorieuses, elles ont dû... Lire la suite (8 mars)
  • « Haingosoa »
    Haingo est une jeune mère célibataire malgache qui peine à joindre les deux bouts. Elle n’a pas les moyens d’acheter la blouse d’uniforme qui est la condition sine qua non pour que sa fillette soit... Lire la suite (3 mars)
  • « Monos »
    Dans les montagnes colombiennes un groupe d’adolescents composé de garçons et de filles armés ont pour mission de veiller à ce que l’otage américaine qu’on leur a confiée reste en vie. Les premières... Lire la suite (2 mars)