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L’évaluation des mathématiques dans le Bac Blanquer

Des élèves qui ne feront plus de mathématiques (ni de sciences) après la classe de seconde en série générale, des mathématiques dans le socle de culture commune pour tous les élèves des séries technologiques : le Bac Blanquer fait le choix d’appauvrir la culture mathématique commune des futurs citoyens dans une société de plus en plus scientifique !

Appauvrissement de la culture scientifique et mathématique

Pour la nouvelle série générale, il n’y a plus de mathématiques dans les enseignements de culture commune. Ainsi, certains élèves n’auront plus d’enseignement des maths à partir de la fin de la Seconde. Et ce n’est pas l’option « mathématiques complémentaires », que certains prendront peut être en Terminale quand ils découvriront que leur inscription dans le supérieur implique des attendus en mathématiques, qui permettra de développer la culture mathématique chez les lycéens. Le nouveau Bac général va fabriquer de futurs étudiants qui seront lourdement handicapés par défaut de bases mathématiques , alors que le monde est de plus en plus scientifique et technologique, et que l’outil mathématique est de plus en plus présent.
Quels que soient les enseignements de spécialités choisis (trois en première, deux pour les épreuves terminales parmi : mathématiques, physique-chimie, SVT, numérique et sciences informatiques), un bac à profil scientifique restera plus généraliste qu’un bac « non scientifique » (reprise du vocabulaire du rapport Mathiot). Les bac à spécialités scientifiques seront moins scientifiques que ne l’est le bac S actuel, notamment en termes d’horaires d’enseignements scientifiques. En terminale, il ne sera plus possible de conserver que deux enseignements de spécialité, donc l’élève doit abandonner une des trois disciplines scientifiques de première. Cela pose un problème pour ceux qui choisiront de ne conserver que physique-chimie/SVT puisque dans ce cas l’enseignement de mathématique est optionnel en terminale (mathématiques complémentaires ou mathématiques expertes ?), d’un faible volume horaire, et n’est pas évalué lors d’une épreuve terminale !

La spécialité « Mathématiques »

Comme pour toutes les spécialités, l’épreuve terminale est affectée d’un coefficient 16. Sa durée est de 4 heures et se fait par écrit. Il n’y a pas d’épreuve « pratique ».

Ce qu’en pense le SNES-FSU :
Nous attendons d’en savoir plus sur les programmes puisqu’il y a une nouvelle spécialité « Numérique et sciences informatiques » qui risque d’impacter la part de l’algorithmique dans le programme de maths.

L’organisation des épreuves communes de contrôle continu
Les sujets des épreuves communes de contrôle continu sont élaborés sous l’autorité du ministre chargé de l’éducation nationale. Ils tiennent compte de la progression pédagogique des programmes d’enseignement de la classe de première et de la classe de terminale.
Chaque établissement détermine les modalités d’organisation y compris pour les épreuves de remplacement. Les sujets sont délivrés par la banque nationale numérique de sujets. Eventuellement, plusieurs établissements scolaires peuvent organiser en commun tout ou partie des épreuves communes.

Modalité de passage :
Une convocation nominative est adressée à chaque candidat par le chef de l’établissement dans lequel les épreuves sont organisées.
Le conseil pédagogique de l’établissement ou le chef d’établissement en concertation avec les professeurs est consulté sur le protocole d’anonymisation et de correction des copies.

Ce qu’en pense le SNES-FSU :
Que signifie vraiment « la progression pédagogique des programmes d’enseignement « ?
Tous les enseignants devront-ils-elles suivre une seule et même progression en France ? Organiser les épreuves communes avec plusieurs établissements implique par exemple des progressions communes dans tous ces établissements.
Par ailleurs, que signifie « les sujets sont délivrés » ? Pourront-ils être choisis par les équipes pédagogiques, ou seront-ils imposés ?
S’il y a choix, qui choisira les sujets ? Les professeurs, le conseil pédagogique, le chef d’établissement ? Ce dernier pourra-t-il faire pression sur les choix des énoncés ?
Quant aux modalités de passage : elles augmenteront la paperasse, engendreront encore des pertes de temps en distribution, émargement et ajouteront le stress pour les élèves. Sans oublier qu’au moins 9 épreuves devront être passées à chaque fois ! Le mois de juin ainsi récupéré se retrouve donc saupoudré sur les deux années du cycle terminal !

Modalités de prise en compte du contrôle continu :

La note de contrôle continu compte pour 40% de la note finale.
Cette note de contrôle continu est fixée en tenant compte :
 des notes obtenues aux épreuves communes de contrôle continu, pour une part de trente pour cent (30%) ;
 de la prise en compte, pour une part de dix pour cent (10%), de l’évaluation chiffrée annuelle des résultats de l’élève au cours du cycle terminal , attribuée par les professeurs et renseignée dans le livret scolaire.
A partir des notes des trois séries d’épreuves communes et de l’évaluation chiffrée des résultats au cours du cycle terminal, le chef d’établissement fait une proposition de note globale de contrôle continu, pour chaque élève et pour chaque enseignement concerné, qui ne devient définitive qu’après la délibération du jury de l’examen du baccalauréat.

Ce qu’en pense le SNES-FSU :

L’introduction d’une lourde part de contrôle continu dans le baccalauréat le transforme en bac local plutôt que national. Sa valeur dépendra donc de celle « attribuée » à l’établissement par l’opinion publique.
Comme au collège où l’on a vu en juin dernier des chefs d’établissement modifier l’évaluation du bilan de fin de cycle des élèves, les proviseurs proposeront la note définitive. Rien ne garantit qu’ils s’appuieront sur l’équipe pédagogique pour proposer une note, ni comment ils procéderont pour l’établir.
De plus, les notes des épreuves communes seront communiquées par l’établissement aux candidats à la fin de chaque année : en première, les élèves « avanceront donc à l’aveugle » sans savoir s’ils ont plus ou moins bien réussi ces épreuves. Par ailleurs, une commission d’harmonisation académique se réunira après transmission des notes de l’épreuve commune au rectorat : fonctionnera-t-elle comme l’ancienne ? se chargera-t-elle aussi d’affiner les barèmes avant correction ?.
Une fois de plus, les professeurs se voient dessaisis d’une partie de leurs responsabilités alors qu’ils passeront un temps considérable en correction. Le « néomanagement » frappe encore pour fragiliser les enseignants dans leur métier
.

Voie technologique en danger

Enfin, on ne peut que constater le massacre de la voie technologique avec un bac construit sur le même format, avec la même répartition de coefficients que le bac général. Les mathématiques font partie des enseignements de culture commune pour toutes ces séries.

Ce qu’en pense le SNES-FSU :
Il n’est fait mention nulle part que l’enseignement des mathématiques sera décliné en fonction des séries, ce qui nous fait craindre une tentation du genre « les mêmes maths pour tous ». Nous revendiquons des programmes, et donc des sujets, adaptés à chaque série technologique.

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