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Un film de Duccio Chiarini (Italie)

"L’éveil d’Edoardo" Sortie en salles le 17 juin 2015.

C’est les vacances quelque part sur la côte italienne. Edoardo connaît ses premiers émois amoureux mais il est retenu au moment de libérer ses attirances physiques, par un phimosis dont il souffre en secret et qui le terrorise.

Il redoute l’opération que lui conseille un médecin qu’il consulte en cachette de ses parents mais les traitements de substitution s’avèrent insuffisants.

Pourtant, Edoardo est fortement attiré par son amie d’enfance Bianca, dont il redoute le départ pour Paris et il est convoité par Anna, une fille libre, qu’il a rencontrée sur une plage.

Mais l’adolescent n’est pas seulement préoccupé par la malformation de son pénis, il l’est douloureusement quand il voit se profiler la séparation imminente de ses parents, quand il assiste aux excentricités de sa petite sœur, quand il écoute les confidences amoureuses de son ami macho qui en dit beaucoup plus qu’il n’en fait avec les filles…

Son regard sur son entourage prend souvent le pas sur sa propre personne…

Cinéma : L’éveil d’Edoardo

Duccio Chiarini avait lu la bande dessinée de l’auteur italien Gipi dont le personnage principal qui a des problèmes sexuels, consulte un urologue.

Cette histoire de fragilité masculine racontée de façon délicate, venait en contraste avec les stéréotypes machistes.

La problématique sexuelle vécue par Edoardo était un outil narratif précieux pour raconter de façon originale, le passage de l’adolescence à l’âge adulte de façon intime.

" L’éveil d’Edoardo " est une variation tout à la fois joyeuse, mélancolique et sensible sur la période de l’éveil à la sexualité pleine de contradictions, d’élans inaboutis, de frustrations, d’hésitations et de doutes.

Duccio Chiarini procède avec beaucoup de délicatesse. Il peut à l’inverse, faire preuve d’une audace narrative surprenante et mais si virtuose qu’elle s’intègre parfaitement au reste et ne choque jamais.

S’il peut se montrer maladroit, candide, d’une extrême prudence, cet adolescent de dix-sept ans peut faire preuve par ailleurs d’une certaine maturité quand il s’agit de porter un regard sur les autres ou d’évaluer les situations qui se mettent en place dans son environnement proche.

Cet aspect de sa personnalité lui procure un charisme qui tourne sa naïveté, son tourment sexuel à son avantage.

Ses préoccupations personnelles ne l’empêchent pas d’être disponible aux autres, d’agir en bon samaritain, d’exprimer une générosité spontanée.

Le trait narratif léger et délicat autorise au film des séquences d’une grande crudité de ton et des images audacieuses. Ainsi cette séance de masturbation dans un poulpe servant de vagin d’essai ou le langage osé de la petite sœur qui a une idée fixe : trouver une partenaire à son chien et qui attend l’accouplement avec une grande impatience.

Le film repose sur le personnage d’Edoardo et il doit beaucoup, dans le contraste des tonalités de jeu, à l’interprétation du jeune comédien Matteo Creatini.

Le sujet est totalement renouvelé, l’image est lumineuse, magnifique et le film est une totale réussite.

Francis Dubois

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