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un film de Olivier Assayas

"L’heure d’été" sortie en salles le 5 mars

Cette maison et son jardin sauvage ont une âme. Les trois enfants d’Hélène dont on fête les soixante quinze ans, qui ont entre la trentaine et la quarantaine, ont dû y organiser autrefois les mêmes chasses au trésor que cette fois-ci leurs propres enfants. Eloïse, la vieille cuisinière enfourne les gigots d’agneau pendant que les brus dressent la table, qu’Adrienne paresse au jardin, que Frédéric et Jérémie retrouvent leur complicité de jadis.
Adrienne vit aux Etats-Unis et s’apprête à annoncer son prochain mariage avec un américain. Jérémie, le benjamin va s’expatrier pour cinq ans en Chine. Il y dirige une société et ses trois jeunes enfants bénéficieront des avantages de la double culture. Frédéric dont l’épouse discrète et présente –magnifique et trop rare Dominique Reymond- est une aimante complice, travaille et vit à Paris. Hélène, qui vit à demeure dans cette maison, est dans le souvenir d’un oncle artiste-peintre coté, dont elle a conservé certaines oeuvres et surtout une collection privée réunissant des tableaux de Corot, des meubles de Marjorelle, une armoire de Joseph Hoffmann, des vases de Félix Bracquemond et des travaux d’Odilon Redon. Elle s’interroge sur ce que deviendra à sa mort, à la fois la maison de famille et la collection d’œuvres d’art. Frédéric pour qui tout cela représente les racines, il n’y a aucun doute : tout sera conservé. Pourtant les circonstances en décideront autrement…
Voilà un beau film sur la famille, sur les rapports entre frères et sœurs, sur l’éclatement feutré de ce qu’on savait fragile mais qu’on tenait pour définitif. Un beau film léger dans sa forme, dans sa narration mais un beau film grave aussi. Le temps de l’anniversaire d’Hélène est lumineux. On est en été et les enfants ajoutent à la lumière de la belle saison, du jeu et de l’insouciance. Après la mort d’Hélène. Ni la lumière, ni les enfants ni la nature ne sont plus là. Quelque chose s’assombrit et les personnages n’ont plus d’autre possibilité que d’être des adultes. Et quand, sur le chemin qui conduit à la maison apparaissent deux voitures noires identiques, aux allures de prédateurs, on sait que tout est perdu.
Mais jamais le film n’est dans le mélancolique ou dans le drame. Les choses sont ainsi. Elles ne pouvaient être autrement et c’est sans doute ce qui occupe les pensées d’Eloïse quand elle fait une dernière visite à la maison, sorte de pèlerinage silencieux, nécessaire et digne.
Et pour effacer le passé, pour tourner la page, il y a cette dernière grande fête qu’organisent dans la maison, les enfants adolescents. La musique, les gestes, les jeux appartiennent à une époque que la maison n’a jamais connue. Les choses sont ce qu’elles doivent être. Il n’y a pas de quoi en faire un drame. Francis Dubois

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