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Un film d’Albert Serra

"L’histoire de ma mort" Sortie en salles le 23 octobre 2013

Son nouveau serviteur sera le témoin des derniers moments de la vie de Casanova. Celui-ci quitte un château suisse et ses ambiances galantes et libertines pour les terres pauvres de l’Europe septentrionale.

Le monde de légèretés et de mondanités laisse place à une vie campagnarde et la pensée rationaliste du séducteur, amateur de tous les plaisirs s’effondrera face à une force nouvelle, violente, ésotérique et romantique représentée par Dracula et son pouvoir éternel.

Cinq ans après " Le chant des oiseaux" Albert Serra réalise "L’histoire de ma mort" un film crépusculaire qui annonce la fin d’une ère et plus encore la fin d’une façon de penser.

Alors qu’un producteur roumain qui venait d’assister à une projection de " Honor de Cavalleria" lui proposait de réaliser un film sur Dracula, Albert Serra peu intéressé par le personnage de vampire, décidait de répondre à la demande, mais en y mêlant une imagerie qui lui était proche et en introduisant dans le récit le personnage de Casanova dont l’univers lui est plus familier.

Le film qu’il a le projet de réaliser deviendra un film sur le passage de la légèreté et de la sensualité du XIIIème siècle aux ténèbres, à la violence et à la sexualité du XIXème siècle.

Dans ce film qui pourrait s’annoncer comme un biopic de Casanova mais qui, très vite, s’imprègne des motifs et des codes de narration propres au cinéaste, le célèbre libertin se lance dans l’écriture d’un ouvrage dans lequel les règles du savoir-vivre seraient fondées sur une notion du plaisir inspirée de son existence libertine.

Chez le Casanova d’Albert Serra, tout est source de plaisir, manger et boire, naturellement, faire l’amour mais aussi le simple acte de déféquer.

Le Casanova d’Albert Serra n’est pas interprété par un comédien professionnel (il s’agit du poète catalan Vinceç Altaio i Morral) dont le jeu donne libre cours à une bouffonnerie décalée et subversive.

A cette première partie qui nous aura éloignés de l’imagerie attendue du personnage et de son histoire, succède une longue errance qui conduit Casanova dans une île de l’Europe septentrionale habitée par un groupe de jeunes femmes et par un personnage étrange qui se révélera être un vampire.

Dans un style beaucoup plus contemplatif et dans des ambiances cauchemardesques avec ombres menaçantes et images nocturnes, Albert Serra traite les mythes de Casanova et de Dracula en les dépouillant au maximum, ne conservant que les apparences, en adoptant un traitement du récit qui échappe à toutes les règles de la narration traditionnelle.

Certains se laisseront prendre par le vertige grisant des atmosphères, d’autres se perdront dans le labyrinthe et les mystères de la conception du cinéma d’Albert Serra.

Francis Dubois

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