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Un film de Cao Guimaràes et Marcelo Gomes (Brésil)

"L’homme des foules" Sortie en salles le 25 mars 2015.

Juvenal est conducteur de métro à Belo Horizonte, grande ville de l’État brésilien du Minas Gerais.

Margo, elle, assure le trafic du réseau ferroviaire.

Ils se croisent, se regardent, se parlent, montrent de la sympathie l’un pour l’autre mais leur relation se résume à la rencontre souvent silencieuse de deux solitudes.

Un jour, Margo annonce à Juvenal qu’elle va épouser un homme qu’elle a connu par l’intermédiaire d’un site de rencontres et demande à son collègue de bien vouloir être son témoin de mariage.

Juvenal qui a toujours fui toute sorte d’engagement refuse dans un premier temps…

Cinéma : l'homme des foules

Cao Guimaraes et Marcelo Gomés ont écrit le scénario de " L’homme des foules " à partir du roman éponyme d’Edgar Allan Poe.

Juvenal y est un homme profondément (et volontairement) seul qui ne savoure pleinement sa solitude que quand il se noie dans une foule nombreuse et anonyme.

L’appartement où il vit est à son image tout comme ses activités domestiques réduites au strict minimum.

Dans la cuisine, sa gazinière qui n’est jamais utilisée, tient lieu de surface de rangement et son repas revient le plus souvent à une boite de conserve dont il mange le contenu froid, sans même prendre le temps de s’asseoir.

Lorsque Margo venue chez lui en visiteuse lui demande de l’eau, elle observe qu’il ne possède en tout et pour tout qu’un seul verre.

Pourtant Juvenal qui vit au ralenti et qui ne connaît d’autre plaisir que ses déambulations portées par une foule dans laquelle il se fond, ne semble pas être malheureux.

Est-ce la nouvelle du prochain mariage de Margo qui l’affecte quand, alors qu’il avait toujours été un conducteur de métro exemplaire, il commet subitement une faute professionnelle qui aurait pu avoir de graves conséquences ?

Derrière l’indifférence qu’il montre à propos de tout, cacherait-il des élans d’humanité et d’attachement aux autres, qu’il réprimerait ?

Il assistera finalement au mariage de Margo et il affichera au cours de la cérémonie et de la petite fête qui fait suite, un visage réjoui comme on ne lui avait jamais vu.

Sur un sujet de prime abord très réducteur, avec deux personnages qui apportent deux typologies de solitude voisines, Cao Guimaraes et Marcelo Gomes ont "tissé", en mettant bout à bout de courtes séquences souvent répétitives, un film passionnant sur la solitude aujourd’hui et dont la grande ville et les déferlements humains se font si bien complices.

Une œuvre passionnante dont la force doit beaucoup à l’interprétation magnétique de Paulo André qui sait donner au geste le plus insignifiant, le plus anodin, le plus "quotidien" une portée étonnante.

A ne pas manquer…

Francis Dubois

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