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Un film d’André Téchiné (France)

"L’homme qu’on aimait trop" Sortie le 16 juillet 2014.

Après l’échec de son mariage, Agnès Leroux qui vivait en Afrique, revient en France. Elle retrouve sa mère, propriétaire du Palais de la Méditerranée à Nice.
Le jeune avocat Maurice Agnelet qui assiste Renée Leroux dans la gestion de son établissement est un séducteur irrésistible dont le charme n’échappe pas à la jeune héritière.

Elle-même actionnaire du Palais de la Méditerranée, elle souhaite vendre ses parts afin de voler de ses propres ailes et vivre pleinement l’amour fou qui la pousse chaque jour un peu plus dans les bras de l’avocat.
Mais une nuit, une partie truquée siphonne les caisses de la salle de jeux. Renée Leroux est menacée face à l’acharnement de la mafia et de Fratoni, patron d’un Casino concurrent.
Aveuglée par l’amour qu’elle porte à Maurice Agnelet, Agnès va contribuer à la chute définitive de sa mère.
Mais un jour de novembre 1977, Agnès disparaît.
Sa disparition est-elle le fait de la mafia et du jeune avocat ? Le mystère n’est à ce jour, toujours pas élucidé. Le procès est en cours…

André Téchiné, avec "L’homme qu’on aimait trop", met en images un fait divers dont la caractéristique majeure est que, près de quarante ans plus tard, il garde toute son opacité.
Le film sort sur les écrans au moment où Maurice Agnelet, livré à la pugnacité de Renée Leroux, fait appel de la peine de vingt ans d’emprisonnement à laquelle il a été condamné.

André Téchiné qui fut à ses débuts et au cours d’une période qui pourrait aller jusqu’en 1994 (« Les roseaux sauvages »), un cinéaste inventif tant par les sujets abordés que dans la façon de les traiter à l’image, est devenu au fil du temps un très bon " faiseur de films" mais un cinéaste qui ne surprend plus.
"L’homme qu’on aimait trop" succède à cinq années de distance à "La fille du RER" qui fut également adapté d’un fait divers.
C’est cette option qui correspond sans doute chez le réalisateur à une sorte "d’endormissement" de son cinéma d’autant plus languissant qu’il est techniquement irréprochable.
Les séquences s’enchaînent avec beaucoup de fluidité, chacune servant directement celle qui suit…
Tout ici est soigné. Les décors, les costumes (on sait que Renée Leroux fut mannequin) la musique, le choix des extérieurs…
Le film est de plus servi par un duo d’actrices remarquable (Catherine Deneuve est comme toujours parfaite et Adèle Haenel qu’on attendait avec impatience dans un rôle moins physique, plus féminine, convainc en amoureuse vulnérable).

On peut aller voir "L’homme qu’on aimait trop". On ne s’y ennuiera pas. Mais le public qui avait aimé les premiers films de Téchiné reprochera à celui-là d’être lisse et sans originalité.

Francis Dubois

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