Actualité théâtrale

Théâtre Douze, jusqu’au 14 décembre 2014.

"L’inattendu" texte de Fabrice Melquiot. Mise en scène / Scénographie Arnaud Beunaiche.

Liane est seule dans sa chambre. Qu’est devenu son amant, cet homme noir dont elle avait de la présence auprès d’elle, une nécessité de chaque instant ?

A-t-il péri en traversant le fleuve ? Est-il parti pour ne plus jamais revenir ? L’a-t-il quittée ?

Depuis, elle vit coupée du monde extérieur, passe son temps à s’occuper du linge de l’absent comme elle le faisait quand il était auprès d’elle.

Théâtre : "L'inattendu"

Située dans une Louisiane mythique où d’habitude Noirs et Blancs ne se mélangent pas, l’histoire de Liane est celle d’une perte habitée par le désespoir et, d’instant en instant par le fol espoir d’un retour.

Mais un jour Liane s’en va. Quelques affaires dans une valise, l’appareil photo à l’épaule, elle décide de reprendre son métier de reporter, de parcourir le monde et de témoigner sur ses souffrances, sur la réalité des guerres qui font rage aux quatre coins du Globe.

A son retour, se trouvera-t-elle guérie de l’absence de l’homme ? Sera-t-elle capable de s’offrir à une nouvelle histoire amoureuse ?

Avec "L’Inattendu ", Fabrice Melquiot nous offre un voyage fantastique, une odyssée à travers les émotions d’une femme blessée, la lutte intérieure pour vaincre le vide, la déconstruction totale pour tenter de rebondir.

La pièce de Fabrice Melquiot est un voyage à la reconquête de soi dans une écriture contrastée, tour à tour poétique, parfois violente, oscillant sans cesse entre la délicatesse, l’émotion et la dérive obscène.

Le texte qui entretient de bout en bout, une sorte de suspense psychologique est relayé par une comédienne étonnante dont le jeu virtuose, dans de constantes ruptures de ton, renvoie aux incertitudes des âmes blessées.

Un arbre mort pour figurer la végétation du Bayou. Une table et deux chaises. Un amoncellement de vêtements dans un coin, en attente de retrouver leur possesseur et de revêtir l’absent. Rien de plus. Mais il suffit.

A l’heure où le public se rue sur les spectacles de monsieur Castelluci, trouve sublimes les machineries huilées de Bob Wilson et les créations en "trompe l’œil" d’Angélica Liddell, il sera bon qu’il aille pour faire bonne mesure, vers ces spectacles qui font figure de déshérités et qui valent bien, par leur sincérité, leur richesse créative, toutes les extravagances tapageuses qu’on nous sert en grandes pompes !

Francis Dubois

Théâtre Douze, 6 Avenue Maurice Ravel 75 012 Paris.

Réservations (partenariat Réduc’snes tarifs réduits aux syndiqués Snes mais sur réservation impérative) 01 44 75 60 31

www.theatredouze.fr

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