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Un film d’Asia Argento (Italie-France).

"L’incomprise" Sortie en salles le 26 novembre 2014.

Aria, neuf ans, vit douloureusement la séparation de ses parents fantasques et immatures, et la nette préférence qu’ils affichent pour ses deux demi-sœurs.

Ballottée de l’un à l’autre, elle passe par des épisodes d’errance, souvent nocturnes, avec son sac à dos et son chat noir.

La notoriété d’un père artiste-chanteur ne facilite pas ses relations avec ses camarades de classe en général et encore moins avec le garçon dont elle secrètement amoureuse.

Cinéma : "l'incomprise"

Asia Argento, comédienne, cinéaste, scénariste, chanteuse et DJ, est la fille du réalisateur Dario Argento, le maître du thriller horrifique et érotique italien.

Très jeune, elle tourne dans plusieurs réalisations de son père. Devenue actrice adulte, ses choix cinématographiques, ses déclarations parfois provocatrices lui valent d’être une artiste à la réputation sulfureuse.

"L’incomprise ", son troisième film en tant que réalisatrice, bien qu’il traite de l’enfance, reste dans une ligne d’un choix artistique provocateur.

Mais il ne suffit pas de mettre un joint entre les doigts d’une toute jeune gamine, de lui faire boire de la bière au goulot, une nuit en compagnie d’une bande de marginaux peu rassurants, de la montrer outrageusement maquillée, pour choquer efficacement.

Il faut, pour trouver une vraie tonalité dans une telle démarche, un savoir-faire, une maîtrise qui, ici, fait défaut.

Asia Argento a du mal à donner corps à un récit maladroit qui peine à rendre cohérent un milieu artistique déjanté, des personnages au comportement imprévisible, dans des décors à la recherche d’une esthétique colorée, tendance fluo, le tout "emballé" dans une image dont la texture renvoie à la technique polaroid des années 80, période où elle situe l’histoire.

Le père, rock-star capricieux et instable, fluctuant dans ses élans paternels, en attente d’un grand rôle au cinéma, sorte de "Ken" déplaisant est difficilement crédible, même si on se place dans l’optique d’ une version décalée du récit.

La mère excentrique, excessive (on saura qu’elle est, en plus, accro aux drogues dures) cyclothymique, ne l’est pas plus, même si la réalisatrice a fait de Charlotte Gainbourg qui l’interprète, son presque double.

Qu’Asia Argento dise qu’elle a été, enfant, très impressionnée et émue par "L’incompris " de Luigi Comencini, pourquoi pas. Mais qu’elle fasse référence aux " 400 coups " en parlant de son film et de la façon dont elle traite l’enfance, serait presque irrévérencieux envers François Truffaut.

La très jeune comédienne Giulia Salerno a beau être convaincante, nous mettre sous le charme de son regard et de sa grâce, son pouvoir de convaincre en petite fille déterminée se heurte au déroulement d’une histoire brassant pêle-mêle clichés et provocation.

Les séquences "de rattrapage" comme celle de la remise du Prix de la meilleure rédaction de l’année échu à Aria frisent le ridicule.

Asia Argento devrait se limiter à son travail de comédienne où elle se montre très convaincante. On se souvient de "La vieille maîtresse " de Catherine Breillat ou plus récemment de sa performance dans "Cadences obstinées " le film injustement méconnu de Fanny Ardant.

Francis Dubois

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