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Un film de Stan Neumann (France)

 "L’œil de l’Astronome" Sortie en salles le 22 février 2012

Lorsqu’en 1610, un des premiers télescopes inventés par Galilée arrive à Prague, capitale de l’Empire germanique, Rodolphe II permet à l’astronome Jean Kepler de l’utiliser pour ses recherches pendant dix nuits.

De la terrasse où il plante l’appareil, Kepler pourra librement explorer le ciel, entouré de visiteurs curieux parmi lesquels on compte des membres de la cour impériale qui s’y présentent comme au spectacle.

Le lieu devient le point de ralliement de qui veut assister à la dissection d’un œil humain pour en comprendre le fonctionnement ou comploter contre l’Empereur.

Étranger à l’agitation et aux ragots mondains, Jean Kepler a, pour ses recherches, opté de se situer entre la science et la superstition, la liberté et l ’intolérance.

De la même façon que dans ses films précédents Stan Neumann posait la question de l’invention de la ville moderne, de la façon de résister au nazisme en décortiquant sa langue, il interroge ici sur la révolution astronomique.

Ses personnages ne sont aucunement des héros, le propos ne va jamais dans le sens des grandes généralités, des grandes proclamations ou des morceaux de bravoure et il ne montre aucune disposition pour les grandes fresques.

"L’œil de l’Astronome" est un film intimiste autour du personnage atypique de Kepler. L’image montre les éléments de près, la texture des choses, les décisions minuscules et des petits bouts de réel pour relater l’épisode fidèle de ces dix nuits et voir dans le ciel ce que personne, à part Galilée n’y a jamais vu. Et alors que le monde vacille et que pour l’Empereur Rodolphe, ce sont les derniers jours de règne.

En choisissant Denis Lavant pour interpréter Kepler, Stan Neumann avait déjà donné pour l’essentiel, le ton de son film. Quel autre comédien que lui aurait joué entre passion et sagesse, ce déclassé de génie, seul résistant et seul protestant à la cour de Rodolphe II, ce mathématicien illuminé à la fois moderne et totalement archaïque.

Son film est tout sauf une leçon. C’est une expérience en compagnie de gens qui font des expériences, un retour à l’opacité, à l’oubli du savoir et des certitudes pour accepter de repartir à zéro, en tâtonnant dans le noir.

"L’œil de l’astronaute" est un film nocturne que la marginalité et la candeur du personnage de Kepler entraîne vers la drôlerie. Il peut être vu, pour les mêmes raisons, comme un poème, la promenade à travers les astres d’un homme fascinant parce qu’habité par sa passion.

L’idée d’avoir introduit dans le récit le personnage de l’enfant apprenti astronaute –troublant Max Bassette de Malglaive déjà remarqué dans " Versailles" aux côtés de Guillaume Depardieu- ajoute à la singularité, à l’atmosphère et à la poésie du récit.

Francis Dubois

 

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