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Un film de Sékou Traoré (France)

« L’œil du cyclone » Sortie en salles le 22 novembre 2017.

Dans un pays d’Afrique, une jeune avocate se voit proposer de défendre un dangereux rebelle accusé de crimes de guerre.

Dans un premier temps, elle refuse la proposition mais alors qu’après mûre réflexion, elle sera revenue sur sa décision, elle va tout tenter pour défendre son client au nom d’un idéal de justice.

Elle se lance dans la constitution précise du dossier de défense au risque de mettre en danger sa carrière et sa vie.

Mais, peut-on sauver un ex-enfant soldat qui a été « biberonné » à la violence et à la cruauté ?

Cinéma : L'œil du cyclone

En Afrique, on estime à 150 000 le nombre d’enfants soldats devenus des adultes et il n’existe à ce jour aucun dispositif de déconditionnement. Ils constituent une véritable bombe à retardement pour tout le continent.

Au départ, «  l’œil du cyclone » était une pièce de théâtre très avant-gardiste. L’auteur Luis Marquès a collaboré avec Sékou Traoré sur plusieurs de ses scénarios.

Le film montre les différents univers que présente l’Afrique et les réalités contrastées de la société africaine.

Le luxe insolent de la famille Tou côtoie la misère urbaine de la famille de Solo.

La prison géante au fonctionnement rigide se trouve à quatre cents kilomètres de la grande forêt tropicale, zone de non-droit où se déroulent d’obscurs trafics et des manifestations de rébellion sans visages.

Le film de Sékou Traoré mène de front deux sujets, l’un universel et l’autre, propre au fonctionnement des pays d’Afrique.

Il illustre le cas de conscience que peut poser la défense de l’indéfendable pour un avocat et la quasi obligation pour lui de respecter la règle de justice.

Il met en présence au cœur de son histoire, un personnage qui a commis des atrocités et chez qui l’acte de guerre est tellement fort et présent que la violence est devenue un mode de vie et pour qui le mot de repentir n’a pas de sens.

Il dénonce enfin des systèmes politiques et des pratiques de corruption bien rodés sur lesquels tout le monde continue de fermer les yeux.

Si le personnage de Blackshouam se tient aux limites de la folie sanguinaire, Emma Tou fait partie de ces rares individus issus d’un milieu privilégié qui en sont bénéficiaires mais qui osent aller à l’encontre de ses systèmes et les dénoncer au nom de la liberté et de la justice.

En filigrane, le film caresse l’espoir que des milliers d’Emma Tou constituent un jour la majorité du peuple africain et que leur sens de l’équité puisse aboutir à un équilibre social et à une prise en charge psychologique des anciens enfants soldats.

Francis Dubois

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