Lycée

L’œil du cyclone ?

Les rentrées se suivent et se ressemblent... Pour combien de temps ? Rien n’est véritablement ressorti de la synthèse ministérielle du bilan de la réforme du lycée de 2010, sinon quelques ajustements de programmes et l’amplification des dispositifs comme celui du droit au redoublement après un échec au baccalauréat. Les annonces de l’actuel ministre de l’Education nationale se multiplient et laissent entrevoir, malgré les dénégations, une volonté politique de transformer profondément le lycée général et technologique.

Il y aura 30500 élèves supplémentaires à la rentrée 2017 en lycée général et technologique. Dans le détail, on assiste à un léger tassement des effectifs à l’entrée en Seconde alors que ceux-ci augmentent fortement en Terminale. La génération 2000, bien plus importante que celle qu’elle remplace, arrive en dernière année du cycle terminal. A la poussée démographique s’ajoute l’effet non négligeable du droit au redoublement après un échec au baccalauréat. Déjà, à la rentrée 2016, le nombre de réinscriptions en terminale avait progressé de 2,5 points par rapport à 2015 pour s’établir à 79%. Cette tendance devrait se poursuivre.

Des lycées saturés

Comme l’année dernière, il est à prévoir que nombre de recalés au baccalauréat ne pourront pas être réinscrits dans leur établissement d’origine comme le prévoit pourtant le décret du 26 octobre 2015, faute de places. On a vu ainsi se développer, dans les académies de Créteil et de Versailles, des dispositifs habituellement prévus pour la lutte contre le décrochage pour prendre en charge ces élèves ou bien se créer en catastrophe des classes de doublants bien après la rentrée. Le dispositif de conservation des notes supérieures à 10/20 devrait par ailleurs être étendu aux situations des élèves souhaitant changer de série (textes non parus à ce jour).
Les effectifs par classe, en constante augmentation depuis 2010, vont continuer de croître. Tous les niveaux sont concernés mais la classe de seconde est particulièrement touchée car plus d’un tiers des classes comportait déjà en 2015 au moins 35 élèves contre un quart en 2009.

Le baccalauréat et les affectations post-bac en question

A l’issue du 3ème tour d’APB, mi-juillet, 87000 bacheliers étaient encore sans affectation dans l’enseignement supérieur. Cette situation de crise ainsi que la généralisation de la sélection et du tirage au sort pour l’entrée dans les formations de l’enseignement supérieur semblent désormais légitimer le discours habituel sur un bac qui serait devenu trop complexe, trop lourd, trop coûteux, inutile voire trompeur. Les déclarations sur l’inévitable réforme du bac se sont donc multipliées à la faveur du nouveau contexte politique. Le ministre de l’Education nationale déclare ainsi vouloir « muscler » le baccalauréat pour en faire un « tremplin » vers les études supérieures tout en souhaitant sa simplification. Cela renvoie globalement au programme présidentiel, à savoir un bac réduit à quatre épreuves terminales et le reste au contrôle continu, le tout assorti d’une évaluation des prérequis à l’entrée à l’université. Des groupes de travail sont annoncés au cours de l’automne 2017 et une réforme d’ensemble devrait être finalisée d’ici juin 2018, pour aboutir à un nouveau baccalauréat pour la session de 2021. La ministre de l’Enseignement supérieur, pour sa part, lance d’ores et déjà une concertation pour sortir de la crise des affectations post-bac et mettre fin au tirage au sort en développant le concept du « contrat de réussite étudiant » précisant pour chaque formation les attendus pour l’entrée en licence.

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