Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

Un film de Marie-Clémence et César Paes (France-Madagascar)

"L’opéra du bout du monde" Sortie en salles le 18 novembre 2012.

Marie-Clémence Paes est franco-malgache et César, brésilien et français. Ensemble, ils réalisent des films où la musique est à la fois trame narrative et prétexte à restituer l’Histoire par le biais de la culture orale.

Ici, à la préparation et au déroulement des répétitions de " L’opéra du bout du monde", œuvre lyrique composée par le réunionnais Trulès, se mêle une véritable leçon d’histoire sur l’origine métisse de l’île de la Réunion, à la fois française et profondément enracinée dans les mythes (et les rythmes) de l’Océan indien.

Le filmage de l’opéra en train de se faire est aussi prétexte à porter un regard sur l’Europe d’aujourd’hui et ses liens avec l’Outremer, sur la façon dont est racontée cette histoire entre culture orale et érudition, à la Réunion, à Madagascar et à Paris.

Tout au long du film, les faits historiques s’immiscent dans le travail de la troupe, dans les décors qui sont les lieux mêmes où l’Histoire a commencé.

L’Histoire orale et l’Histoire écrite se rejoignent.

Les faits historiques racontés de la bouche de l’officier actuel du Camp Flacourt sont confrontés aux récits oraux d’anciens malgaches depuis des générations. Un descendant du Prince d’Antanosy raconte leurs premiers contacts avec les européens.

Jean de Heaulme dont un ancêtre a été attaqué par les malgaches en 1674 nous fait traverser quatre siècles de la présence française dans l’Océan indien.

Le film tisse ces différentes perceptions dans le livret de l’opéra qui raconte l’histoire du peuplement de la Réunion, avec l’arrivée, sous Louis XIV, sur une île alors totalement déserte, de deux français et de dix malgaches parmi lesquels, trois jeunes filles.

Ces premiers habitants étaient-ils des exilés ou des volontaires ? Le peuplement de l’île aurait-il été une "robinsonnade" ?

L’esclavage remonte-t-il à cette époque ou bien n’a-t-il débuté que 50 ans plus tard comme il est dit dans " L’opéra du bout du monde" ?

L’épopée de la Troupe brinquebalée dans un vieil autocar sur des pistes souvent impraticables nous amène de La Réunion à Fort-Dauphin, au Camp Flacourt, sous un arbre, sur les lieux-même où tout a commencé. C’est à cet endroit où les officiers envoyés par Louis XIV ont rencontré les Malgaches pour la première fois que Jean-Luc Trulès, ses musiciens et ses solistes vont donner "L’opéra du bout du monde" pour la première fois.

On les retrouvera plus tard catapultés sur une scène parisienne où ils connaîtront la consécration.

Un récit passionnant. Un film généreux.

Francis Dubois

Autres articles de la rubrique Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

  • « Nous les Coyotes »
    Amanda et Jake ont vingt ans. Ils sont très amoureux, confiants en l’avenir jusqu’à l’insouciance. Ils ont pris la décision d’aller vivre à Los-Angeles. Elle est issue de la petite bourgeoisie, lui... Lire la suite (9 décembre)
  • « Pig »
    Un mystérieux serial-killer décapite les uns après les autres les cinéastes les plus appréciés de Téhéran. Hassan Kasmai, un réalisateur iranien s’étonne d’être épargné. Censuré par le pouvoir depuis des... Lire la suite (4 décembre)
  • « Casting »
    La préparation du tournage d’un remake pour la télévision du film de Rainer Werner Fassbinder « Les larmes amères de Petra von Kant » entre dans sa phase finale. Cependant, la réalisatrice hésite... Lire la suite (4 décembre)
  • « La permission »
    Efrooz est la capitaine d’une équipe féminine de Futsal en Iran qu’elle entraîne avec une joviale énergie depuis onze ans. Alors que le rêve qui était dans les esprits des joueuses de se trouver en... Lire la suite (25 novembre)
  • « Gutland »
    Au début de l’été, Jens se présente dans un village luxembourgeois à la recherche d’une embauche pour un emploi saisonnier. Mais les moissons ont déjà commencé et partout les effectifs sont au complet.... Lire la suite (25 novembre)