Actualité théâtrale

Théâtre du Rond-Point, jusqu’au 5 avril 2015

"L’or et la paille" de Pierre Barillet et Jean-Pierre Grédy. Mise en scène de Jeanne Herry.

Géraldine et Thierry sont un jeune couple désargenté. Elle n’a pas de quoi payer le chauffeur de taxi qui attend en bas de l’immeuble et quand ils veulent appeler un ami à qui emprunter quelques billets de banque, ils se rendent comptent que le téléphone a été coupé.

C’est à ce moment que passe sur le palier un voisin qui accepte de prêter à Géraldine de quoi payer la course. Or, sous l’aspect d’un pauvre bougre, se cache un des plus riches industriels du pays.

Pour le jeune couple peu scrupuleux, lorsqu’il l’apprend, il n’y a plus qu’à exploiter le filon…

Mais faudra-t-il qu’ils aillent jusqu’à divorcer pour arriver à leurs fins ?

C’est au milieu de ces interrogations que Thierry rencontre une riche veuve propriétaire de mines de platine et de quelques immeubles un peu partout dans le monde…

Théâtre : L'or et la paille

C’était une bonne idée que de mettre en scène, en 2015, " L’or et la paille " un des classiques du théâtre de boulevard écrit par Barillet et Grédy, deux orfèvres du genre dont les textes joués à Paris puis sur les scènes américaines ont eu pour interprètes des artistes prestigieux comme Jacqueline Maillan ou Maria Pacôme mais aussi Laureen Bacall ou Ingrid Bergman…

Si, au cinéma, François Ozon a réussi une adaptation très réussie, innovante et libre de " Potiche" (des mêmes auteurs) c’est sans doute qu’il est plus aisé de se libérer du carcan des règles du boulevard au cinéma que ça ne l’est au théâtre.

Car même si Jeanne Herry fait preuve d’un beau savoir-faire, si sa mise en scène est vive, bien rythmée, si la direction d’acteurs est irréprochable, elle a du mal au sortir des limites imposées par la mécanique bien huilée de la pièce.

La construction habile, maligne, jubilatoire du texte de Barillet-Grédy a sans doute cela de particulier qu’elle ne souffre pas qu’on y ouvre la moindre brèche, qu’on prenne beaucoup de liberté avec les didascalies.

Jeanne Hérry a fait quelques tentatives d’"évasion" avec deux ou trois moments chorégraphiés dont une scène d’ouverture bienvenue.

Elle s’est servie des dons d’acrobate du jeune comédien Loïc Riewer pour faire rupture avec les exigences de jeu inhérentes au théâtre de boulevard.

Elle a bousculé légèrement le décor attendu (un salon bourgeois) avec des velléités de déstructuration et quelques touches de couleurs qui rompent avec la tonalité cossue.

Mais le (bon) théâtre de boulevard est résistant Il ne se laisse pas abuser par des "excentricités" dont fort heureusement Jeanne Herry n’abuse pas. Il reste intact pour offrir aux comédiens qui le servent des possibilités jubilatoires dont ils ne se privent pas.

Hélène Alexandridis sait être excessive, tonitruante avec tant d’élégance ! Olivier Broche joue les balourds pas si naïfs que ça avec maestria. Céline Martin-Sisteron et Loïc Riewer ne sont pas en reste…

On passe une bien agréable soirée en leur compagnie…

Francis Dubois

Théâtre du Rond-Point 2 bis avenue Franklin D. Roosevelt 75 008 Paris.

Réservations (partenariat Réduc’snes tarifs réduits aux syndiqués Snes mais sur réservation impérative) 01 44 95 98 21

www.theatredurondpoint.fr

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