Articles US 2017-2018

LE MINISTRE a publié quatre notes de service sur l’enseignement des mathématiques et du français.

L’inspecteur Blanquer et son nouveau gadget
Premier constat, ces notes de service accumulent les erreurs. En lecture, la difficulté d’un texte se mesurerait à sa longueur, sa syntaxe et son lexique. Selon ce principe, il serait aisé d’étudier L’étranger de Camus en Cinquième, par exemple ! Plusieurs consignes sont absurdes, par exemple : « expliciter les noms des classes de mots ».
Ce n’est pas en expliquant le mot « adverbe » que l’on fait comprendre la notion car l’adverbe ne porte pas toujours sur le verbe. Concernant le calcul (mental, en ligne et posé), les préconisations s’arrêtent à la recherche du résultat, oubliant la raison ayant conduit à ce calcul.
Mais plus grave, ces notes reposent sur des analyses biaisées. Ce n’est pas parce qu’un élève connaît les règles d’accord du participe passé, qu’il a fait des exercices du BLED, qu’il ne fera pas de fautes d’accord à l’écrit comme à l’oral ; ou parce qu’il saura calculer qu’il aura « le plaisir de jouer avec les nombres ».
Hélas, ce n’est pas si simple. Pourtant une note de service aurait pu être utile si elle avait préconisé de renforcer la formation continue, permis de réfléchir à la continuité entre élémentaire et collège et aux enjeux des disciplines.
Une autre méthode
Il aurait fallu s’interroger sur ce qui fait, aujourd’hui, obstacle aux apprentissages en français et mathématiques. Quelles sont les conséquences de l’écart actuel entre l’écrit et l’oral, entre la langue que les élèves parlent, entendent, et ce français standard qui ne peut s’apprendre qu’à l’école ? Pourquoi de nombreux problèmes mathématiques ne peuvent-ils plus être facilement modélisés par les élèves ?
La démarche du ministre n’est bonne ni pour les élèves ni pour les enseignants. Elle part de constats d’échec (les élèves seraient mauvais en français et en mathématiques) et, sans s’interroger sur les causes, prend le contrepied des méthodes utilisées, revenant à celles des années 50, sans tenir compte de la perte d’heures dans ces deux disciplines.
Jean-François Clair, Magali Espinasse
(US MAG Supplément au n° 778 du 12 mai 2018)

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