Actualité théâtrale

En tournée

« La 7è vie de Patti Smith »

Dans la banlieue de Marseille en 1976, une jeune adolescente au corps androgyne, timide et mal dans sa peau, entend lors d’une soirée entre amis un disque avec la voix de Patti Smith et son cri libérateur Jesus died for somebody’s sins but not mine . Le son l’envahit, reste dans sa tête. Elle a seize ans, Patti Smith trente, mais les mots de la rockeuse répondent à son mal-être, à son désir de libération, à ses colères et ses révoltes.

Théâtre : La 7° vie de Patti Smith

Claudine Galéa a écrit ce solo pour une actrice, en réponse à une commande de France Culture d’un texte sur une icône du rock. Elle avait accumulé tant de matériau pour cette fiction radiophonique qu’elle en a tiré un roman Le corps plein de rêves . C’est à partir de ces deux textes que Benoît Bradel a conçu cette adaptation, idéale pour une actrice capable de jouer, de chanter et de danser.

Marie-Sophie Ferdane va pouvoir y révéler tous ses talents. Elle incarne cette adolescente androgyne, frappée au cœur par la voix rauque et sensuelle de Patti Smith, qui va attendre trois heures le début du concert à Paris avec sa copine pour se noyer dans cette voix qui la saisit par sa puissance, sa poésie et sa liberté de création. Elle fait sien le poème de Rimbaud, On n’est pas sérieux quand on a dix-sept ans. Elle grandit, Patti Smith a déserté les ondes radiophoniques. Elle se laisse tenter par la littérature et s’offre un voyage à la rencontre de Marguerite Duras. Il suffit qu’un des musiciens qui l’accompagnent lui murmure « I have an information for you », pour l’entraîner vers Patti Smith et sa vie, son couple avec Robert Mapplethorpe et leurs voisins qui ont nom William Burroughs, Allen Ginsberg, Janis Joplin, ses concerts, son éloignement de la scène et ses retours toujours fulgurants, inoubliables.

Deux musiciens, Seb Martel et Thomas Fernier, accompagnent avec énergie, à la guitare et à la voix, ce duo imaginaire avec l’icône du rock. Marie-Sophie Ferdane est cette adolescente que la liberté, l’audace féministe, la puissance créatrice de la chanteuse éblouit. Elle est Patti, elle chante, une voix derrière elle murmure « sorcière, garçon manqué, légende du rock, femme sensuelle », elle sourit, elle danse, ses cheveux volent, elle saute emportée par le rythme. Elle est magnifique.

Micheline Rousselet

En alternance avec Marina Keltchewsky

Festival off, Avignon (Marina Keltchewsky), juillet 2019

Théâtre Sorano, Toulouse, octobre 2019

Comédie de Clermont-Ferrand, novembre 2019

Manège de Maubeuge, Théâtre du Pays de Morlaix, janvier et février 2020

Autres articles de la rubrique Actualité théâtrale

  • « Les grands rôles »
    On entend une démarche boiteuse et un acteur arrive en traînant une chaise qui fait le bruit de sa canne. Le monologue de Richard III démarre et le rire aussi quand un acteur échappé de Lucrèce... Lire la suite (19 février)
  • « Fanny et Alexandre »
    Les spectateurs finissent de s’installer dans la salle Richelieu et Denis Podalydès s’avance au bord du plateau, vêtu d’un long manteau de scène, pour leur rappeler d’éteindre leurs téléphones... Lire la suite (18 février)
  • « La conférence des oiseaux »
    Il y a quarante ans Jean-Claude Carrière adaptait pour Peter Brook l’un des plus célèbres contes soufi du Persan Farid Uddin Attar (1142-1220). La conférence des oiseaux raconte comment, encouragés... Lire la suite (14 février)
  • « Premier amour »
    Sami Frey reprend cette nouvelle de Samuel Beckett, écrite en 1946, qu’il avait créée il y a dix ans. On y trouve déjà l’image de ces clochards célestes que seront, dans En attendant Godot , Vladimir et... Lire la suite (7 février)
  • « Chance »
    Au secrétariat de ce cabinet d’avocats frappadingue, on ne travaille pas beaucoup, mais on chante et on danse. La secrétaire, rousse et bouclée, est très salsa, l’assistant écrit des plaidoiries en mi... Lire la suite (7 février)