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Un film de Emmanuelle Millet (France)

"La Brindille" Sortie en salles le 21 septembre 2011

Sarah est une jeune fille de 20 ans. Au moment où elle se lance dans la vie active, où elle espère obtenir un CDI dans un musée, elle découvre qu’elle est enceinte de six mois. Elle ne veut pas de cet enfant et la grossesse est beaucoup trop avancée pour envisager une intervention.
Elle adopte la seule solution qui lui reste : abandonner son enfant à sa naissance mais, avec le temps qui passe, elle se retrouve partagée entre son état de future mère et la vie de femme indépendante à laquelle elle aspire…

Après des études de relations internationales, Emmanuelle Millet s’est, dès vingt ans, investie dans l’humanitaire et le social. Elle a travaillé sur le développement de financements d’ONG comme Médecins du Monde ou Handicap International.
L’accouchement sous X reste un sujet tabou et les femmes qui y ont recours sont le plus souvent mal considérées non seulement par l’opinion publique, leur entourage mais aussi par les professionnels de la santé. Le sujet pose de nombreuses questions parmi lesquelles celle de savoir si la mère doit ou non regarder l’enfant à la naissance, si cet acte est nécessaire pour faire le deuil de la séparation.
On parle plus volontiers de l’adoption qui est un acte généreux et courageux que de l’abandon qui est pourtant un acte de souffrance.
Préparée à traiter un sujet social, Emmanuelle Millet a rencontré des femmes ayant accouché sous X, recueilli de nombreux témoignages, rencontré des assistantes sociales, des obstétriciens, une directrice de Centre maternel et c’est en s’appuyant sur ce matériau solide qu’elle a construit au plus juste le personnage de Sarah, tracé avec sensibilité et humanité son parcours de jeune femme seule face à son problème, et donné à sa décision d’abandonner son enfant des raisons qui échappent au seul égoïsme, au seul souci de préserver son indépendance.
Le film aborde un autre sujet, celui du déni de grossesse : Sarah présente une autre particularité, c’est d’avoir gardé, au bout de six mois sa silhouette filiforme et complètement occulté le rapport sexuel à l’origine de son état. Ce n’est que plus tard, à partir du moment où elle avoue qu’elle est enceinte à Thomas, le jeune homme qu’elle rencontre et auquel elle s’attache, que les signes extérieurs de la grossesse apparaissent et qu’elle accepte enfin de reconnaître son état comme une réalité.
La force de Sarah réside dans son côté marginal et rêveur, dans sa capacité à s’abstraire de la réalité. Dans une force de caractère, dans son comportement atypique, dans sa détermination au moment de ses choix.
L’efficacité du film de Emmanuelle Millet tient à la rigueur d’un scénario qui ne s’égare jamais ni dans le jugement ni dans la psychologie.
Sarah existe. Elle conduit sa vie autant que la vie la conduit. C’est une jeune fille intelligente et simple qui ne cède ni à l’air du temps, aux tics de sa génération, ni à l’apitoiement sur elle-même.
Christa Thétet remarquée dans "LOL", "Le bruit des glaçons" ou dans "Mike" apporte à Sarah sa fragilité diaphane et sa force farouche.
Un sujet actuel, traité sans concession, qui fourmille de qualités et qui fait toujours mouche.
Francis Dubois

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