Actualité théâtrale

Théâtre Nanterre-Amandiers, jusqu’au 6 avril 2011

"La Célestine" de Fernando de Rojas, mise en scène Christian Schiaretti

Calisto est amoureux de Melibea depuis qu’à la poursuite de son faucon, il l’a croisée dans son jardin.
La pièce de Fernando de Rojas s’ouvre sur leur seconde rencontre au cours de laquelle la jeune fille repousse sans ménagement la déclaration de l’amoureux transi…
Désespéré après cette entrevue, Calisto est secouru par son valet Sempronio qui le persuade, pour conquérir Malibea, de faire appel aux services de Célestine, une entremetteuse aux dons de sorcière.
Très vite, la vieille femme obtient de Malibea un rendez-vous au cours duquel elle succombera miraculeusement au charme de Calisto au point d’accepter d’autres entrevues et de finir par lui offrir sa virginité.
Pour avoir refusé de partager avec les deux serviteurs les largesses de Calisto, la Célestine périra poignardée au milieu de la nuit.
"La Célestine" de Fernando de Rojas qui préfigure le Siècle d’or et marque la fin du monde médiéval, est à la fois une comédie tragique et un conte picaresque. La romance pathétique se double ici et là, d’une trivialité farcesque jubilatoire.

Photo Christian Ganet

Un dispositif bi-frontal et une mise en scène privée du moindre élément de décor, exacerbent une théâtralité épurée en plongeant, à la faveur de la promiscuité, le spectateur au cœur de l’action et de ses nombreux rebondissements. La longueur du dispositif scénique qui offre la possibilité d’une double entrée, permet une liberté de mouvements et de déplacements dont Christian Schiaretti n’est pas chiche et qu’utilise jusqu’à l’excès, dans son jeu, une Hélène Vincent tonitruante.
On croit longtemps que le spectacle doit beaucoup à cette énergie que l’actrice communique sans compter à Célestine mais, curieusement, à partir des trois quarts de la pièce, quand périt le personnage, le spectacle prend tout à coup une autre coloration, un autre rythme. Un tout autre charme saisit le spectateur, laisse plus de place aux autres personnages, et le dénouement dramatique donne lieu à un monologue dont s’empare avec une belle maîtrise, le comédien Alain Rimoux qui joue avec sobriété et efficacité le père de Malibea.
La rupture entre les deux parties donne un souffle particulier à la représentation et au final, "La Célestine" est un spectacle savoureux. C’est aussi l’occasion d’aller écouter le texte de Fernando de Rojas qui n’est pas si souvent monté au théâtre.
Francis Dubois

Théâtre Nanterre-Amandiers
7 Avenue Pablo-Picasso 92 022 Nanterre Cedex
Réservations (partenariat Réduc’snes tarifs réduits aux syndiqués Snes mais sur réservation impérative) : 01 46 14 70 00
www.nanterre-amandiers.com

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